Vase canope à tête de faucon

simulacre

Égypte > Provenance inconnue.

Troisième Période intermédiaire, XXIe-XXVe dynasties

[voir chronologie].

Calcaire.

H. 26,9 CM : D. base : 8,6 CM : D. max. 13,8 CM : P. 14 CM 

Co. 981

 

Commentaire

Etat de conservation

La sculpture, cassée en deux fragments, a été recollée lors de la restauration de 1999. Des manques importants se trouvent sous la base ; des éclats et des rayures recouvrent toute la surface de la pierre. L’œil droit et le bec du faucon sont érodés. Des traces d’une patine ocre rouge et d’un surpeint sont visibles.

Description

La pièce a été taillée dans un seul bloc de calcaire blanc. La forme est pleine.

La sculpture rappelle un vase canope à tête de faucon. Il n’y a aucune indication de séparation entre la tête et le corps, qui constituent un ensemble homogène. Malgré l’érosion et l’absence de peinture, on reconnaît bien les traits du rapace : le bec pointu, les yeux percés (seul l’œil gauche est conservé) et la perruque qui recouvre le dessus et les côtés de la tête puis se confond avec le corps du vase.

 

A partir de la XXe dynastie, les embaumeurs prirent l’habitude de replacer les entrailles du défunt, embaumées séparément, à l’intérieur de la momie. Des vases canopes factices, comme Co. 981, pouvaient alors être placés dans la sépulture, rappelant ainsi l’ancienne coutume qui consistait en l’utilisation de véritables récipients contenant les viscères.

 

Un autre exemple de pseudo-vase canope à tête de Qébéhsénouf (faucon), en calcaire peint, est conservé au Musée de Liverpool (1973.2.334).

Le vase canope factice du Kunsthistorisches Museum de Vienne, inventorié ÄS 3604, est stylistiquement très proche de Co. 981 (cf. REISER-HASLAUER 1989, p. 89-92). On remarque que les yeux et le bec de l’oiseau sont indiqués au moyen de peinture noire. Le musée de Vienne conserve par ailleurs d’autres exemples de vases factices, à tête d’homme, de babouin et de chacal (ÄS 3601-3, ÄS 3606-9, ÄS 3610). Ils sont tous datés de la Troisième Période intermédiaire, c’est-à-dire entre la XXIe et la XXVe dynastie.

 

Voir trois exemples du Petrie Museum (UC 29794, UC 29795 et UC 29796). Ils proviennent du Ramesseum et sont datés de la XXIe dynastie (cf. RAISMAN 1984, p. 28-9 n° 48, n° 50 et n° 51 ; pl. 10-1).

 

Le Musée des Beaux-Arts de Boston conserve un ensemble complet de quatre vases factices, en calcaire peint, chacun portant inscrit en hiéroglyphes le nom d’un génie protecteur (MFA 72.590-3). Leur provenance n’est pas connue.

 

Il est à noter que des pseudo-vases canopes ont également été découverts en Nubie (Soudan), par exemple dans le cimetière d’El-Kourou (Boston MFA 21.2813). Cet objet a été trouvé en 1919 lors des fouilles de l’expédition américaine dans la tombe de Shebitka (pyramide 18). Il est daté de la fin du VIIe siècle av. J.-C.

 

L’aspect singulier de ce pseudo-canope, où tête et corps du vase ont été réalisés en un seul bloc,  ainsi que l’état d’usure de la pierre ont incité Paul Boreux, rédacteur de l’inventaire de la Donation en 1913 à le désigner en tant que « faux ».

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Boreux 1913 : Meudon, pavillon de l'Alma, vitrines 23 et 24, 517 Faux canope à tête de faucon. Calcaire. Cassé en deux morceaux. Haut. 26 cent. 1/2. Estimé dix francs.

 

Donation Rodin à l'Etat français en 1916.

Commentaire historique

Le canope était exposé en 1913 dans une vitrine du pavillon de l'Alma à Meudon.

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