Reliquaire

Patte d'Horus sous sa forme de faucon

ÉGYPTE > PROVENANCE INCONNUE

ÉPOQUE TARDIVE OU ÉPOQUE PTOLÉMAÏQUE > XXVIe– XXXdynastie > 672 - 30 AVANT J.-C.

[voir chronologie]

H. : 5,8 cm ; L. : 1,7 cm ; P. : 4,9 cm 

Co. 5995

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation.

Bien que le métal soit oxydé sur toute sa surface, les détails du modelé de la patte et son décor sont encore visibles. Des résidus de cire rouge et de plâtre blanc restent accrochés sur le tenon métallique inférieur (insertion moderne dans un socle ?). On note la trace d’un petit impact à la base du tenon supérieur.

Cette patte provient d’un ensemble statuaire plus important, seul élément conservé au musée Rodin. Cette patte, qui était rapportée, est entière. 

Description

L’œuvre Co. 5995 figure la patte droite d’un faucon. Elle se compose uniquement du tarse et de quatre doigts longs et fins, sur lesquels les griffes acérées ont été clairement rendues. Par souci de réalisme, la partie avant du tarse a été décorée de stries horizontales qui restituent la rugosité de la peau d’un faucon. On note également que l’os de la patte a été modelé sur le côté droit.

Deux tenons métalliques complètent la patte. L’un prolonge le tarse pour permettre son insertion dans un corps de faucon, le second se situe sous la patte, aidant ainsi au maintien de l’œuvre sur son socle d’origine. Celui-ci, probablement creux, servait de réceptacle à la momie complète ou partielle, de l’animal sacré représenté. 

 

Le faucon est l’animal sacré du dieu Horus, lui-même représenté hiéracocéphale dans les reliefs. Horus est un dieu solaire majeur en Égypte et peut prendre plusieurs formes. Dans la cosmogonie Héliopolitaine, Osiris a été assassiné par son frère Seth, par jalousie. Après sa mort, Isis, sœur et épouse d’Osiris, réanima son mari le temps de la conception d’Horus. Afin de le tenir éloigné des fureurs de Seth, celui-ci fut élevé bien caché dans les marais de Chemnis. En tant que fils, donc héritier d’Osiris, Horus affronta Seth. Sa victoire lui permit de maintenir la création en rétablissant l’équilibre et d’obtenir la royauté terrestre, son père obtenant la royauté dans l’Au-delà. A ce titre, Horus représente le modèle divin du roi, premier de la lignée royale. Il est protecteur de la royauté, tout en s’incarnant en la personne même du roi, son représentant terrestre qui doit maintenir la cohésion du pays en détruisant les ennemis de l’Égypte, de la même manière qu’Horus a détruit l’ennemi de son héritage, son oncle Seth. L’enfance d’Horus donna lieu à de nombreux épisodes mythologiques, notamment concernant la guérison de diverses maladies, piqûres et morsures d’animaux dangereux, hôtes des zones marécageuses. Cette caractéristique suscita l’apparition d’un autre dieu, homonyme. Il s’agit d’Harpocrate ou Horus l’Enfant, divinité appelée à rester un enfant, icône protectrice de cet âge fragile et personnalité distincte d’Horus fils d’Isis et d’Osiris.

 

Le faucon prête également son apparence à Montou, dieu guerrier dont la tête est surmontée du disque solaire orné d’un double uraeus et de deux hautes plumes, à Rê, dieu soleil hiéracocéphale, et à Sokar, faucon momifié associé à Osiris. 

 

La figure à laquelle appartenait la patte de faucon Co. 5995 peut correspondre à deux types d’objets égyptiens. D’une part, elle est peut être l’élément d’un reliquaire (ou sarcophage votif), destiné à accueillir dans son socle une momie de faucon. Mais elle peut également être celui d’une image divine, présentée en offrande dans un lieu de culte. Les deux types d’objets (le reliquaire et l’effigie divine) ont une fonction similaire, celle de rendre hommage au dieu représenté. Pour une présentation des figures de reliquaires de faucon, voir par exemple les notices des œuvres Co. 801 et Co. 3035

Œuvres associées

Le musée Rodin conserve deux pattes en bronze appartenant à des faucons, Co. 5996 et Co. 5997. Ces dernières font partie d’un ensemble créé avec le corps de faucon Co. 3035

Inscription

Anépigraphe. 

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation à l’État français en 1916.

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