Relief en creux

Scène de consécration des offrandes par le roi, tourné vers la gauche

Provenance Égypte > 
Indéterminée > Époque ptolémaïque ?
Bas relief en calcaire
H. 53,5 cm ; L. 64,00 cm ; P. 13,00 cm
Co. 5878

Commentaire

Etat de conservation

La pierre est en mauvais état de conservation, altérée et pulvérulente. L’humidité est probablement à l’origine de ces altérations et de la migration des sels. Le revers est bombé, il n’a pas été aplani. Des traces d’ocre rouge ont pu être identifiées.

Description

Ce fragment de paroi monolithe, sculpté en bas-relief dans le creux dans un calcaire coquillé, présente une scène de consécration des offrandes par un pharaon, tourné vers la gauche. Le bloc ayant été sectionné suivant un plan carré, la partie supérieure droite du personnage est seule conservée. Le sommet de la coiffure et du sceptre sont également manquants.
 
 
Sur ce relief, la représentation d’un roi – reconnaissable notamment à son nemes pourvu d’un uraeus –, est coupée au niveau du torse et de l’épaule gauche. Le nemes qui recouvre sa tête, dont les rayures horizontales sont finement détaillées, est particulièrement long, puisqu’il retombe jusque sur ses pectoraux. Le souverain est richement paré. Un collier ousekh orne son cou, tandis que deux bracelets composites encerclent son bras et son poignet. 
Le visage du roi était à l’origine peint, comme en témoignent les quelques traces d’ocre rouge encore visibles. Les yeux en amande et les sourcils sont distingués par un très léger relief extrêmement fin, tandis que l’oreille gauche – particulièrement haute et étirée – est plus proéminente. L’ébauche présumée d’une barbe postiche semble se discerner en négatif, à l’extrémité du menton royal.
Le souverain est représenté dans une position dynamique conventionnelle. Bras droit légèrement fléchi, il brandit devant lui le sceptre kheper (ou sekhem). Celui-ci se caractérise par un manche surmonté d’une fleur de lotus, elle-même prolongée par un élément trapézoïdal non identifié à ce jour. 
Le modelé interne, particulièrement érodé, n’est aujourd’hui plus aussi détaillé qu’il devait l’être à l’origine. Quelques détails témoignent néanmoins de la finesse des reliefs originels, comme par exemple les ongles de la main droite ou l’individualisation des perles du collier ousekh : un collier à triple rang de perles cylindriques et terminé d’un rang de perles ovales.
 
 
On considère traditionnellement en égyptologie que le roi était le premier desservant du culte. Plusieurs sources textuelles précisent qu’il était pour ce faire nécessaire au roi d’être initié (LURSON 2016). Il déléguait cette fonction aux prêtres dans chacun des différents sanctuaires du pays. Les offrandes étaient toujours réalisées au nom du roi, en particulier parce qu’il était en contact direct avec le divin de par sa nature surhumaine, et parce que les actions qu’il effectuait au bénéfice des dieux (offrandes et construction de temples) trouvaient leur contrepartie dans les actions que les dieux effectuaient pour lui : lui accorder un règne long et prospère et favoriser ses entreprises et ses batailles. Cette relation contractuelle reliant les rois et les dieux est conventionnellement nommée de l’expression latine do ut des : « je donne pour que tu donnes ».
 
Cette consécration des offrandes était donc au cœur des rituels journaliers pratiqués en Égypte. Ce rite apparaît dans les sources pharaoniques sous le règne de Montouhotep II, à la XIe dynastie, et est bien attesté sous son successeur proche, le roi Sésostris Ier de la XIIe dynastie (Chapelle Blanche de Karnak, LACAU, CHEVRIER 1956, pl. 17, scène 12 ; COTELLE-MICHEL 2003, fig. 1, pls. IIIa et IV). Il est également représenté dans les temples au Nouvel Empire et jusqu’à l’époque gréco-romaine. C’est notamment le cas dans les temples d’Edfou (par exemple : Sanctuaire de la Shetyt, paroi est, BAUM 2007, p. 510 ; Chapelle des étoffes, paroi ouest, ibid., p. 515 ; Behdet de Rê, ibid., p. 523)  et de Dendara (par exemple : crypte Est n°2, chambre B, paroi ouest CAUVILLE 2004, pl. XVIII).
 
Sur le relief Co. 5878, le sceptre tenu par le roi correspond au signe hiéroglyphique S42 (dans la liste de référence établie par Alan H. Gardiner), qui possède de nombreuses valeurs phonétiques différentes (ʿbȝ, ḫrp, ḥw et sḫm). D’ordinaire, le roi tient dans l’autre main la massue hedj et/ou un bâton ou un signe ânkh. Ce type de scène étant très codifié, le roi y fait normalement face à une divinité, ou à une statue divine dans laquelle la divinité s’incarne pour bénéficier du culte. Des offrandes peuvent être figurées dans ce type de scène, entre le dieu et le roi, directement sous le bras qui tend le sceptre. Ce rituel peut être légendé par les termes wdn « offrir », ḫrp « consacrer/présenter », ou encore ḥwj, qu’Arlette David propose de traduire par « tendre (le bras) » (DAVID 2016). Les différentes représentations de ce rituel témoignent que deux positions sont possibles pour le bras qui tient le sceptre kherep : il peut être légèrement fléchi – comme sur le relief Co. 5878 – ou complètement tendu en direction de la divinité (par exemple dans la chapelle blanche de Sésostris Ier, LACAU, CHEVRIER 1956, pl. 17, scène 12). 
 
 
La représentation de ce rituel est extrêmement répandue et très codifiée tout au long de l’histoire pharaonique. En l’absence d’inscription, l’identité de ce souverain reste donc à déterminer et la datation du relief demeure délicate. Certains indices stylistiques pourraient néanmoins pointer vers l’époque ptolémaïque : le modelé du visage, l’oreille haute et en relief, le pan du nemes tombant relativement bas au niveau de la poitrine du roi, mais aussi la barbe postiche, à rapprocher notamment d’une représentation de Ptolémée VIII – Evergète II conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon (Inv. N° E501-1728).
 

Inscription

Anépigraphe

Historique

Sans

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