Matière et technique

L’analyse des essences a été effectuée par Victoria Asensi Amorós (société Xylodata), en septembre 2016. Il a pu ainsi être démontré que, tandis que le visage a été sculpté en acacia du Nil, les chevilles d’assemblage sont en tamaris et la planche sous la tête en cèdre. Ces essences font partie de celles les plus couramment employées par les anciens Égyptiens, mais seules les deux premières sont indigènes à l’Égypte. Les deux morceaux de bois associés sous le même numéro d’inventaire mais sans lien actuel avec l’objet sont respectivement en figuier sycomore pour le plus petit et en chêne pour le plus gros ; seul le premier est ancien. 

 

Les chevilles encore visibles dans le bas du visage, la planche sous la tête, ainsi que les divers logements aujourd’hui vides, constituent les vestiges d’un ancien assemblage d’ais destiné à fixer le masque sur un sarcophage.

 

Le support en bois a d’abord été recouvert d’un enduit ocré, dissimulant les défauts du bois et les joints d’assemblage. Une toile de lin marouflée (une armure-toile dotée d’un fil simple de torsion S, de 12 fils de chaîne et de 18 fils de trame) a servi à consolider certaines parties du masque. Sur la partie basse, elle a été appliquée en deux épaisseurs. Cet ensemble a ensuite été recouvert d’une sous-couche préparatoire blanc-crème, mêlée à une colle protéique sur certains plans d’assemblage, sur laquelle a été appliquée la couche picturale. Le jaune orpiment utilisé pour la carnation du visage et pour la coiffe a été protégé par un vernis ocré supplémentaire.

 

Modification matérielle

Le numéro d'inventaire est inscrit au revers du masque, à l'encre noire sur une pellicule isolante.

 

Etat de conservation

 

L'objet est en assez mauvais état de conservation. Le bois, la toile et la polychromie sont altérés et portent notamment les stigmates d’une ancienne attaque d’insectes xylophages -plusieurs trous d’envol sont visibles, en particulier sur les côtés où le bois est dénudé-, ainsi que la trace de nombreuses moisissures blanches aujourd’hui stabilisées, spécialement sur les zones enduites de colle de peau. La toile de marouflage se détache en plusieurs points de son support et s’effiloche en bordure, tandis que les différentes couches picturales s’écaillent par endroits, laissant apparaître la toile, notamment sous l’œil droit, sur toute la joue gauche et sur le nez. La sous-couche préparatoire de couleur crème, visible sur le nez et le menton par exemple, est particulièrement pulvérulente.

Restauration

Campagne en décembre 2007 par Kimberleigh Collins Peynaud, Sophie Joigneau et Marie Louis (dépoussiérage suivi de la réalisation d’une caisse de stockage en 2008).

 

Campagne en automne 2016 par Béatrice Dubarry Jallet et Fanny Kurzenne (dépoussiérage, nettoyage, refixage de la polychromie, refixage et bouchage de la toile, retouches de finition)

 
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