Applique de mobilier : satyre portant une outre de vin

Égypte > provenance inconnue

IVe – Ve siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 7 cm ; l. 2,93 cm ; ÉP. max 0,64 cm

Os épais de bœuf

Co. 2249

Commentaire

Etat de conservation

Hormis un éclat au milieu du bord senestre, l’applique est complète. La face externe est cependant marquée par une très forte usure qui a beaucoup émoussé le relief. Au dos, des sédiments subsistent dans la structure du tissu osseux spongieux et dans l’échancrure produite par l’éclat. Quelques petites taches ocre orangé s’observent sur la face principale, au revers et sur les bords de la pièce. En lumière rasante apparaissent aussi un certain nombre de griffures sur le torse et les jambes du satyre.

Description

Le jeune homme, que l’on peut identifier à un satyre askophoros, rappelle par sa position les personnages des appliques Co. 2078 et Co. 2187 du musée Rodin. La figure nue, au corps svelte, effectue un pas de danse vers la droite tout en tournoyant sur elle-même. La tête orientée vers la gauche, jointe au buste vu de trois-quarts, annonce en effet un changement de direction. L’outre qui repose sur l’épaule droite du satyre est maintenue par sa main masquée par un pan de nébride.

 

Par son dessin trapézoïdal, la pièce renvoie aux reliefs Co. 2060 ou Co. 2114, mais elle s’en démarque par une excessive étroitesse. Ce format a contraint l’artisan à ne pas sculpter les bras en entier. C’est ainsi que le bras gauche s’interrompt au-dessus du poignet. La silhouette très étirée est dotée d’un long buste, surmontant des jambes fuselées, qui contribuent à accentuer son aspect longiligne et renforcent le dynamisme qui l’anime. Toutefois, des épaules larges contrebalancent cette minceur du bas du corps, dotant ce compagnon de Dionysos d’une certaine carrure. Un visage fin incliné, à la chevelure courte et sans doute légèrement bouclée, finit de donner l’impression d’une figure gracile et légère. En raison de la forte usure de la surface de l’os, les détails anatomiques du visage ne sont presque plus discernables. Seuls les deux yeux en faible relief, les mèches de cheveux et la nuque raide sont encore bien lisibles. De même, des incisions très estompées indiquent encore les pectoraux ou le nombril. Quelques maladresses sont à souligner : la jambe droite se raccorde maladroitement à la cuisse, étant rejetée fortement en arrière, tandis que les pieds presque inexistants semblent se fondre dans la matière osseuse.

 

Si sur le plan iconographique le satyre porteur d’outre rappelle plusieurs reliefs de petite taille du musée Benaki (inv. 18781, 18783, 18786-18787 : Loverdou-Tsigarida 2000, n° 146-147, 150-151 p. 271-272, Pl. 44-45), et une pièce du Kelsey Museum à Ann Arbor (inv. 1962.01.0024 : Loverdou-Tsigarida 2000, n° 148 p. 272, Pl. 45), son style, difficile à apprécier, semble s’en éloigner. Le corps aux lignes sinueuses affiche une souplesse absente des éléments de placage précités. De même, le sens du mouvement qui transparaît dans le pas allègre de la figure est plus prononcé, et l’anatomie observée avec davantage de justesse. L’applique ne trouve pas véritablement d’équivalence sur le plan strictement stylistique.

 

Bien que son état ne permette pas réellement de juger de sa véritable valeur plastique, sa proximité iconographique avec d’autres plaquettes de même format datées par A. Loverdou-Tsigarida du Ve siècle, autorise à proposer une date de création au cours du IVe-Ve siècle.

 

Marquage

120 marqué à l'encre violette au milieu de la face interne ; petite étiquette octogonale blanche à liseré bleu sans numéro collée en partie supérieure, au dos de la pièce.

 

Comparaisons :

-Ann Arbor, Kelsey Museum, inv. 1962.01.0024 (type iconographique).

-Athènes, musée Benaki, inv. 18781, 18783, 18786, 18787 (type iconographique).

-Paris, musée Rodin, Co. 2078, Co. 2187 (type iconographique).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

< Retour à la collection