Applique de mobilier

ménade au tympanon

Égypte > provenance inconnue

IVe -Ve siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 6,2 cm ; l. 4,3 cm ; ép. max 0,4 cm

Os, scapula de bœuf

Co. 2199

Commentaire

Etat de conservation

L’applique est endommagée surtout en partie inférieure, ces deux angles étant brisés. De plus, une fissure la fragilise sur son côté dextre, le long du fût de la colonne, tandis qu’une fente traversante court en diagonale, dans le champ, à la droite du visage du personnage. L’amorce d’une fissure s’observe aussi en partie inférieure de la colonne qui jouxte le bord senestre. On repère également de petites griffures parallèles au-dessus du visage, sur le rebord du vêtement et sur la cuisse gauche de la ménade. Quelques discrets sédiments subsistent sur la face principale. Alors que des mouchetures ocre brun ponctuent le relief, de petites traces ocre rouge ont été mises en évidence dans les creux qui entourent la tête de la jeune femme et la bordure qui la surmonte. Au revers, des taches brunes marquent le centre de la pièce.

Description

De forme rectangulaire, la plaquette accueille une silhouette féminine beaucoup plus menue et longiligne que les autres pièces du musée Rodin. Celle-ci est encadrée par deux colonnes torses surmontées de chapiteaux. En dépit d’une usure qui en fait disparaître les détails, on note que l’artisan semble avoir indiqué par de fines incisions l’abaque et l’astragale de ces supports architectoniques. Ces éléments ne soutiennent pas ici une arcade, tel qu’on peut l’observer sur certaines tentures et tuniques égyptiennes de la fin de l’Antiquité, mais délimitent le cadre imparti à la figure. En partie supérieure, une simple bordure court le long du bord sommital. La présence de colonnes se remarque sur d’autres petites appliques du musée Rodin dévolues à la représentation de ménades : Co. 2059, 2080, 2118. Contrairement aux pièces Co. 2059 et Co. 2080 qui ne livrent qu’une colonne au fût lisse peu soigné, l’exemplaire Co. 2118 montre une colonne barrée de stries évoquant les torsades du fût. La scansion du cortège dionysiaque par des colonnes liée à l’inscription des personnages du thiase dionysiaque sous un portique est un schéma récurrent, à la fois sur certains sarcophages romains (WILLERS & NIEKAMP 2015, p. 41 n. 115, fig. 29-30 p. 42-43), mais aussi sur les coffrets à revêtement métallique de la fin de l’Antiquité. Par leur format et leur fonction, les plaques de métal qui ornent ces pièces de petit mobilier s’apparentent étroitement aux éléments de placage en os. Aux côtés des nombreux exemplaires découverts dans les provinces danubiennes proposant cette structuration du décor (BUSCHHAUSEN 1971, n° 69 p. 140-144, pl. 86-89), existent deux spécimens égyptiens provenant d’Achmîm (BUSCHHAUSEN 1971, n°31-32, p. 6974, pl. 34-35).

 

Progressant vers la droite, la dévote de Dionysos supporte de sa main gauche un petit tambourin, derrière sa tête. Contrairement à ses compagnes des appliques Co. 2080, Co. 2118, 2160, 2172 du musée Rodin, qui s’orientent du même côté et tiennent un tympanon à hauteur de leur visage, elle ne semble pas pivoter de façon à regarder vers la gauche. En outre, la position des bras est ici inversée. Il en ressort un aspect plus statique, accentué par les deux jambes rapprochées que dévoile la fine étoffe du vêtement. La ménade, à l’instar de toutes les autres figures féminines sculptées sur les petites appliques de la collection du musée Rodin, porte un chiton ceinturé à la taille. Il dégage ici son sein et son épaule gauche.

 

Sur le plan iconographique, cette pièce entretient des affinités avec une série d’appliques du musée Benaki (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, n° 178-192, 194-202 p. 276-278, pl. 51-56). A. Loverdou-Tsigarida les a regroupées dans le groupe A des ménades tympanistriae, en faisant la version féminine des satyres askophoroi (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, p. 170-171). Pourtant, cet exemplaire ne possède pas véritablement d’équivalence au sein du corpus des petites plaquettes rectangulaires consacrées aux bacchantes. La figure se démarque à la fois par sa taille réduite, sa posture, ses proportions plus justes, ainsi que sa chevelure qui paraît retomber dans le cou. Bien que l’abrasion importante du relief constitue un obstacle à une réelle appréhension du modelé, on perçoit tout de même que les volumes simplifiés s’accompagnent de certaines maladresses sur le plan anatomique (retombée du bras droit, buste vu de trois-quarts). Compte-tenu des datations proposées par qu’A. Loverdou-Tsigarida pour cette série d’appliques et le caractère classicisant de la figure, nous pouvons, de façon un peu arbitraire, envisager une réalisation de ce relief au cours du IVe-Ve siècle.

 

Marquage

Au dos de l’applique, côté dextre, en partie supérieure, 15 marqué au crayon rouge, peu lisible.

 

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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