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Relief funéraire

Figure d'enfant ou d'homme, tournée vers la gauche

Égypte > provenance inconnue

Ancien Empire

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 21,5 CM : L. 12,5 CM; P. 5,5 CM

Calcaire polychromé

Co. 6418

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en bon état de conservation malgré des impacts et rayures. On observe de nombreux éclats, traces d’impact et d’outils sur l’ensemble de la surface. Tout le fragment a été enduit, à une époque proche de sa mise sur le marché de l’art, d’une substance jaunâtre. Des traces de fossiles végétaux (dendrites ?), piégés dans la pierre, se remarquent (voir en particulier au niveau de l’oreille de l’enfant) ainsi que de nombreux dépôts et inclusions rouges ainsi que des traces de lichens noirâtres.

Description

Ce bloc de pierre calcaire, provenant d’une paroi et partiellement retaillé, n’a conservé qu’une partie de la scène initiale, à savoir le buste d’un enfant ou d'un homme, visage tourné vers la gauche, levant le bras droit devant lui, le bras gauche le long du corps. Au-dessus du personnage, trois grands hiéroglyphes signifiant le mot ânkh, « vie », correspondraient assez probablement aux éléments d’un nom propre. Ces derniers peuvent également avoir fait partie d’une formule funéraire à destination du défunt. L’analyse des pigments en 2012 a mis en évidence la présence de pigments ocre rouge au niveau du collier-ousekh (pré-rapport de Sandrine Pagès-Camagna, 24 septembre 2012).

 

La représentation d’un enfant est reconnaissable à la mèche dite « de l’enfance », placée à gauche de son crâne et ressortant d’une coiffure très courte, à moins qu’il ne s’agisse d’une calotte enserrant le crâne. Cette mèche tressée, longue et recourbée à son extrémité, descend jusqu’à son torse. Elle est caractéristique des petits garçons et des très jeunes hommes (voir pour comparaison le masque funéraire de jeune garçon musée Rodin Co. 3251). L’enfant (ou l’adolescent) est paré d’un collier-ousekh ainsi que d’un long collier en corde au bout duquel est suspendu un pendentif cordiforme (sur cette amulette en forme de cœur, voir pour comparaison la peinture sur mouna du tombeau de Métchéchi (probablement VIème dynastie) dont le musée du Louvre conserve 43 fragments. Le jeune Ihy y est figuré au pied de son père, sur plus petite échelle. Vêtu d’un pagne court, il porte une tresse de l’enfance terminée par un pompon. Un long collier, terminé par un pendentif en forme de cœur, orne (ou protège) sa poitrine (musée du Louvre Inv. N° E 25524, in ZIEGLER 1990, N° 20 pp. 135, 138, 139 et 147). Il faut aussi noter qu’il est fréquent que les enfants sont généralement représentés comme des adultes en miniature dans les reliefs, et ce particulièrement à l’Ancien Empire.

 

La composition laisse à penser qu’il n’y a pas d’autre personnage à proximité immédiate derrière l’enfant, et que d'autres personnages pourraient se trouver plutôt devant. La disproportion des signes par rapport à la représentation de l’enfant évoquerait une scène familiale, où le défunt et ses titres étaient figurés en taille héroïque par rapport à sa famille et ses familiers. L’enfant du relief Co. 6418 était donc probablement placé en miniature à proximité de son père, représenté en « taille héroïque ». Il est probable de restituer qu’il tenait de sa main droite la jambe paternelle ou bien son bâton de dignitaire. S’il semble plausible de suggérer que ce relief provient d’un parement de tombe, il est néanmoins possible, de part l’épaisseur du bloc, que ce relief provienne du décor d’une stèle fausse-porte. La fausse-porte faisait partie de la superstructure de la tombe et était donc accessible aux vivants. Elle fonctionnait comme un point de rencontre entre le défunt et les vivants et était un lieu essentiel pour l’accomplissement du culte funéraire et des rites permettant la régénération du défunt dans l’Au-delà.

 

Il ne fait aucun doute que ce relief a été exécuté à l’Ancien Empire, et les nécropoles présentant un style aussi proche de celui des ateliers de la capitale sont peu nombreuses à cette période. Il est donc très probable qu’il provienne de la région memphite – Giza ou, plus plausible encore, Saqqara avec les mastabas de laquelle ce relief partage beaucoup d’affinités.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Hôtel Biron, 111, "Fragment de bas relief en calcaire jadis peint. Un personnage tourné vers la gauche, à mi-corps, surmonté des mots [hiéroglyphes]. 21 x 12. Estimé deux cents francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

Le relief fut exposé à l’hôtel Biron, parmi les chefs-d’œuvre de la collection égyptienne, là où Charles Boreux le décrivit à l’été 1913 dans l’inventaire qu’il fit en vue de la donation à l’État français

 

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