Message d'erreur

The text size have not been saved, because your browser do not accept cookies.

Applique de mobilier

figure de femme drapée

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 15,5 cm ; L. 4 cm ; P. max. 1,5 cm

Os, tibia droit de bœuf

Co. 2072

Commentaire

Etat de conservation

Manquent essentiellement la partie dextre l’applique. Le fragment, de couleur ivoirine est recouvert encore d’une couche de salissure, à laquelle s’ajoutent des marques noires sur les arêtes des plis du vêtement et des bras. Les creux de la face principale renferment des sédiments, comme les trabécules au revers. Il en subsiste aussi sur la tranche de la cassure.

Description

Amputée de son côté droit et de son visage, la figure offre les traits distinctifs du type iconographique de la femme drapée, défini par L. Marangou (MARANGOU 1976 p. 57-58). Treize appliques du musée Benaki et dix du musée Rodin répondent à ce schéma. Ces figures féminines, légèrement déhanchées, sont vêtues d’un long chiton, replié sous l’aisselle droite, autour duquel est enroulé un himation. Elles serrent souvent dans leur main droite une petite couronne, alors qu’elles tiennent une cornucopia dans la main gauche. Nous distinguons encore sur notre fragment la forme de la corne d’abondance au dessin simplifié, ainsi que l’étoffe de l’himation, au pan incisé de plis en biais.

 

Les attributs associés à ce modèle iconographique, comme le vêtement, semblent s’inspirer des images des reines lagides ornant les oenochoés en faïence, produites principalement à Alexandrie, au IIIe siècle et à la fin du IIe siècle av. J.-C. (THOMPSON 1973, p. 24-34). L’ajustement de l’himation sur notre applique, renvoie au type I b des souveraines ptolémaïques parant la panse des vases, décrit par D. B. Thompson (THOMPSON 1973, p. 30, pl. XXII). L’identification de ces figures drapées reste problématique, puisqu’elles sont dépourvues de tout objet signifiant, autorisant leur rapprochement avec un personnage mythologique précis. La présence de la cornucopia n’est pas suffisante pour y reconnaître une image de la déesse de la fortune, Tychè. Il est toutefois intéressant de souligner la parenté existant entre ces femmes drapéess et la figuration d’Ariane, sur deux petites appliques en os conservées au musée Benaki à Athènes (18838: MARANGOU 1976, p. 34, 98, Pl. 20d ; LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, n° 252, p. 175-176, 287, pl. 67), et au Walters Art Museum de Baltimore (71.44: RANDALL 1985, n° 168, p. 100-101). Cette similitude interroge et permet d’avancer une hypothèse. Puisque contrairement à d’autres domaines artistiques, Ariane semble rarement sculptée sur les appliques en os égyptiennes d’époque romaine, cette figure ne pourrait-elle pas lui être associée ? (DELASSUS 2020, p. 50, fig. 2 p. 75). Ces analogies ne sont sans doute pas suffisantes pour valider ce postulat, mais elles posent la question de l’iconographie d’Ariane sur les éléments de placage en os.

 

La jeune femme présente des proportions allongées, que renforce la verticalité des plis du chiton et des pans de l’himation retombant le long du corps. On peut la comparer aux appliques Co. 2087 et Co. 2188 du musée Rodin. Si sa silhouette semble révéler une certaine recherche de volume, l’aspect graphique des plis du drapé la contredit en partie. La définition rapide des contours du bras gauche et de la schématisation de la cornucopia achèvent de nous convaincre de placer la date de réalisation de ce fragment au IVe siècle.

 

Comparaisons

-Alexandrie, musée gréco-romain, 13244.

-Leyde, Rijksmuseum van Oudheden, F. 1952/2.2a.

-Paris, musée du Louvre, DAE, AF 6564, AF 6578.

-Paris, musée Rodin, Co. 2087, Co. 2188.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

< Retour à la collection