Femme nue debout portant une perruque courte

Égypte > provenance inconnue

Première Période intermédiaire ou début du Moyen Empire > 2200-2033 avant J.-C. > 2033-1710 avant J.-C.

Bois polychromé

Statuette : H. 33,6 cm ; L. 5,5 cm ; Pr. 4,5 cm

Tête : H. 4,5 cm ; L. 2,7 cm ; Pr. 1,1 cm 

Co. 3396 (corps) - Co. 2309 (masque)

Commentaire

Etat de conservation

L'objet est en assez bon état de conservation, malgré l'altération du bois. En effet, la statuette présente sur son ensemble de nombreuses fentes longitudinales de dimensions irrégulières. Par ailleurs, des attaques anciennes d'insectes xylophages ont entraîné des pertes de matières, et laissé des traces caractéristiques, à savoir des galeries, des pulvérulences et des éclisses de bois, notamment sur le bras gauche, la main droite, la poitrine, les cuisses et le pied gauche.  

En outre, les différents éléments composant la statuette, hormis le pied droit, se sont détachés, à cause d'un collage trop fragile. Le bras droit a été cassé en deux morceaux. De plus, la couche picturale noire recouvrant l’objet présente des traces d’usure et est lacunaire. 

 

 

Description

La statuette Co. 3396 (corps égyptien) – Co. 2309 (masque indéterminé) représente une jeune femme debout, les pieds joints, les bras ballant le long du corps, les paumes ouvertes contre les cuisses, montée sur un socle. Elle arbore une perruque étagée à boucles, très courte, dégageant les oreilles, ainsi qu'une longue robe moulante, dont le bas est visible au niveau des chevilles. L'œuvre a été recouverte d'une couche picturale noire, directement appliquée sur le bois. On remarque que le visage original de la statuette a disparu, et a été remplacé par un masque, de style et d’époque indéterminés 

 

La statuette est composée de plusieurs morceaux. Sur l'élément principal, le corps, ont été assemblés le masque, les deux bras et les deux pieds. Les traces du système d'assemblage ancien, habituellement visibles au niveau de la jonction des bras et des épaules, ainsi que des pieds et du socle, ont disparu. Cependant, il est fort probable que tous ces éléments aient été maintenus ensemble par un système de tenon-mortaise (cf. Objet Co. 0651). Aujourd'hui, seuls le corps et le pied droit ont été rassemblés.  

 

Le contraste entre la qualité d’exécution du corps, comparée à celles du masque, des bras, et des pieds est marquant. Ce qui reste de la tête laisse deviner une face de forme ovale et menue, que prolonge un cou délicat. Le buste est étroit, la poitrine menue, la taille fine, les jambes très longues. Le renflement des hanches et des articulations est à peine marqué. À l’inverse, les bras et les pieds rapportés semblent grossiers et légèrement disproportionnés. Le masque Co. 2309 qui est adjoint à la statuette évoque une influence étrusque. Le visage, triangulaire, est doté d'une frange bouclée, de grands yeux en amande, d'un nez pointu et d'une bouche souriante. Du point de vue de la stylistique, il semble que les éléments rapportés, au moins le masque et les bras, sont modernes

 

Les statuettes en bois sont particulièrement difficiles à dater, car sujettes à des archaïsmes volontaires de la part des sculpteurs. S'il est malaisé de reconstituer la tenue de la jeune femme, la perruque courte étagée à boucles découvrant les oreilles (HARVEY 2001, p. 20 et 657 : critère Wf.4) reproduit un modèle daté de la fin de l'Ancien Empire (2700-2200 av. J.-C.). Cependant, le cou bien dégagé des épaules, de même que la silhouette longiligne, laissent supposer que cette statuette daterait de la fin de la Première Période intermédiaire (2200-2033 av. J.-C.) ou du tout début du Moyen Empire (VANDIER 1958, p.152). Une statuette presqu'identique, conservée au Metropolitan Museum of Art de New York (Inv. N° MMA 58.125.3), confirme cette hypothèse (HARVEY 2001, p. 508-509 : B69). Elle représente une jeune femme debout, les pieds joints, les bras ballants le long du corps, les paumes ouvertes contre les cuisses. Elle arbore la même perruque, sorte de calotte (SCAMUZZI 1966, planche XIII : description) épousant la forme du crâne, et présente la même silhouette élancée. On remarque cependant que les boucles de la coiffure sont plus nombreuses et serrées que celles de la statuette Co. 3396 - Co. 2309. 

 

L'attitude de la statuette du musée Rodin tend à montrer qu'elle serait la représentation d'une maîtresse de maison dans sa fonction de gestionnaire du foyer, elle-même propriétaire de la tombe ou épouse du défunt (Cf. Co. 2346).  

 

En conclusion, la statuette en bois Co. 3396-2309 daterait donc de la Première Période intermédiaire (2200-2033 av. J.-C.) ou du tout début du Moyen Empire (2033-1710 av. J.-C.) 

 

 

 

Inscription

Anépigraphe. 

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