Amset

amulette

Egypte > Provenance inconnue

 Troisième Période Intermédiaire

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 4,1 CM : L. 1,3 CM : P. 0,4 CM

Pierre noire

Co. 1481

Commentaire

Etat de conservation

L'œuvre en mauvais état de conservation. La surface est émoussée et empoussiérée. Au revers, un profond éclat est visible au niveau de la tête. L’extrémité supérieure de la canne tenue par la divinité a disparu dans un éclat.

Description

Cette petite plaque de pierre noire monolithe épouse la silhouette d’un personnage anthropomorphe, représenté debout et de profil. Le corps est enveloppé dans un linceul, du cou jusqu’aux pieds inclus. Une perruque longue tripartite couvre la tête, les mèches descendant jusqu’au milieu du dos et au-dessus de la poitrine. L’exécution des traits du visage reste frustre ; des incisions horizontales dessinent les yeux, les sourcils et la bouche. Le nez est très légèrement incisé. Ces marques anguleuses font ressortir la pommette saillante de la joue. Les deux mains sortent du vêtement et se saisissent d’une longue canne. L’extrémité supérieure de cette canne ayant disparu dans un éclat, il n’est pas possible d’en déterminer le type (sur certaines amulettes, Amset tient dans ses deux mains un sceptre ou bien une croix ankh). Le revers de l’objet n’est pas plat et les marques de débitage de la plaquette y sont encore observables. Une large entaille au niveau des talons semble indiquer un incident au cours de la réalisation de l’amulette, incident qui expliquerait l’état inachevé de la finition des pieds gainés dans le linceul.

 

D’après son iconographie, la plaque Co. 1481 représenterait Amset (ou Imsety), génie funéraire dont le lieu de culte était Bouto, dans le delta du Nil et l’un des quatre fils d’Horus (sur Amset, Hâpy, Douamoutef et Kébéhsénouf, voir CORTEGGIANI 2007, pp. 141144). Ces quatre divinités protectrices étaient chargées de veiller sur les organes vitaux retirés du corps du défunt pour faciliter la momification, à savoir le foie, les poumons, l’estomac et les intestins. Pour les préserver, les paquets de bandelettes enveloppant ces organes était placés chacun dans un vase canope, ces quatre vases étant souvent réunis dans un coffre déposé dans la tombe. Amset avait pour mission de protéger le foie du défunt. Il était aidé dans sa mission par Isis, épouse d’Osiris, souverain du royaume des morts, et mère d’Horus. Au cours de la XVIIIe dynastie, les couvercles des vases canopes sont sculptés afin d’adopter les traits des fils d’Horus et Amset est théoriquement représenté avec une tête humaine. Un bel exemple de vase canope à l’effigie d’Amset et datant du Nouvel Empire est conservé au Metropolitan Museum of Art de New York, sous le numéro d’inventaire 12.183.1a.1-.2. Têtes et les corps des vases canopes conservés au musée Rodin ne suivent pas toujours cette règle, suggérant des assemblages artificiels au cours de la mise sur le marché de l’art (Co. 952 vase canope complet, bouchon à tête humaine Co. 5990 et Co. 6431, inscription relative à Amset sur les corps des vases canopes Co. 1117 et Co. 5898).

 

La plaque Co. 1481 s’inscrit de toute évidence dans la longue tradition des amulettes, objets aux dimensions généralement réduites, apparus dès le début de l’Histoire égyptienne. Si le mot amulette peut s’exprimer sous différentes formes en égyptien ancien, l’étymologie se rapporte toujours à la notion de protection. Les amulettes peuvent être de différentes matières et représenter des symboles mythologiques, comme par exemple l’œil oudjat, le pillier djed ou bien des signes hiéroglyphiques ou encore des représentations de divinités comme la plaque Co. 1481. Il peut aussi s’agir de rouleaux de papyrus contenant des incantations magiques, pliés selon un certain procédé. Cette tradition sera notamment très répandue au cours de la période ramesside (voir DONNAT, 2016). Les amulettes étaient utilisées aussi bien pour les vivants que pour les morts mais avant le Nouvel Empire, les amulettes sont surtout retrouvées en contexte funéraire. Elles étaient placées, parfois en larges quantités, entre les bandelettes des momies afin d’assurer au défunt un voyage paisible dans l’au-delà. Les amulettes sont également portées comme bijoux protecteurs, incluses dans des colliers, des bracelets ou des bagues. (Pour le site d’Amarna, voir STEVENS 2009, p.10). La production des amulettes s’intensifie nettement au cours de la XVIIIe dynastie et l’essor de la fabrication en faïence entraîna des matières, des formes et des utilisations de plus en plus variées. Elles constituent un élément central de la piété populaire et nous informent sur certains rituels ayant lieu au sein du foyer. Il n’est pas exclu de restituer qu’elles pouvaient également être suspendues ou placées à divers endroits de la demeure afin d’assurer la protection de la maisonnée en tant que figurine divine. La documentation actuelle nous livre peu d’informations concernant les rites de consécration de ces objets. De par sa morphologie plate, il est possible de restituer que cette image d’Amset Co. 1481 ait été placée entre les bandages d’une momie. On peut toutefois y voir également un élément d'incrustation de mobilier funéraire, peut-être réalisé en pâte de verre.

 

De nombreuses amulettes d’Amset, dont la production s’intensifia nettement au cours de la Troisième période Intermédiaire, sont réalisées en faïence mais des exemples en pierre et en métaux précieux ont également été retrouvés. Le British Museum conserve ainsi des amulettes en argent à l’effigie du génie sous le numéro d’inventaire EA8426. Des figurines plus imposantes en cire et en résine datant de la Basse Époque ont également été retrouvées, à l’instar de ceux conservés au Metropolitan Museum of Art de New York sous les numéros d’inventaire 25.3154a et 25.3.155a. Certaines de ces figurines étaient elles-mêmes enveloppées de lin comme des momies, à l’image de celles représentant Amset et les autres fils d’Horus conservées au British Museum sous le numéro d’inventaire EA15580.  Des exemples similaires, réalisés en faïence sont conservés à l’Egypt Centre de Swansea, sous les numéros d’inventaire PM7EC887WK37, ainsi qu’au Petrie Museum sous le numéro d’inventaire UC45459i-ii

Inscription

Anépigraphe.

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