Reliquaire

Bastet sous sa forme de chatte

égypte > provenance inconnue

époque tardive ou époque ptolémaïque > XXVIe - XXXIe dynastie > 656 - 30 avant j.-c.

[VOIR CHRONOLOGIE]

bronze (alliage cuivreux)

h. : 10 cm ; l. : 7,8 cm ; p. : 10 cm 

co. 681

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation.

Le métal oxydé, particulièrement dans le cou, a pris une teinte rouge ce qui suggère qu'il s'agit ici de "bronze noir". 

La statuette, complète, s’arrête au niveau du cou. Quelques fragments ont été recollés mais les fissures sont toujours visibles. Une matière non encore analysée, présente dans les yeux et les oreilles, correspondrait à des traces de substance adhésive, suggérant une incrustation de pierre. Sur le front, une large cavité de forme ovale évoque également la possibilité qu’un ornement, aujourd’hui disparu, y aurait été fixé, probablement un scarabée. Cette cavité n’est pas centrée sur le crâne. Un impact de choc est visible à l’extrémité du nez. 

Description

La statuette en bronze consiste en une tête de chatte. Les oreilles percées sont courtes et possèdent des pointes carrées. L’oreille droite est plus haute et plus fine que la gauche. Leur bord extérieur est strié horizontalement rendant ainsi la pilosité de l’animal. Leur bord intérieur est quant à lui, doublé d’un large sillon vertical qui donne de la profondeur. Ce même bord se poursuit sur des arêtes qui encadrent le front au milieu duquel un creusement de forme ovale est visible. Il était originellement incrusté d’un scarabée, comme c’est le cas respectivement pour deux statuettes de chat exposées au British Museum (EA 11556 et EA 64391). C’est une incrustation courante sur ce type d’œuvre en bronze, comme par exemple dans la collection du musée égyptien de Berlin (cf. ROEDER Günter, Ägyptische Bronzefiguren, Berlin, 1956, p. 344-46, § 445). Le scarabée est soit incrusté dans le métal, soit directement modelé dans celui-ci (cf. ibid., n°8192, p. 346, pl. 50 [o]). L’arête du nez est fine à sa base puis s’élargit progressivement jusqu’au cuir du nez qui présente deux profonds naseaux. Ceux-ci sont encadrés de pommettes rendues avec sensibilité. Les patons, décorés de fins sillons dessinant les moustaches, surmontent la gueule, dont l’ouverture n’est pas figurée. Une simple ligne incisée dans le métal entoure les larges yeux à l’intérieur desquels on note les traces d’une substance adhésive, qui devait vraisemblablement maintenir en place une incrustation de pierre. L’arrière du crâne est bombé et ne présente aucun détail.

(En ce qui concerne les termes utilisés pour la description de l’anatomie des félins).

 

Cette figure de chatte représente la déesse Bastet sous sa forme zoomorphe, déesse protectrice du foyer et de la fertilité féminine. Bastet est également la forme apaisée de Sekhmet, déesse agressive, fille et œil de Rê, qui est le plus souvent représentée en lionne. Bastet est Maîtresse de Bubastis dans le delta du Nil, et son culte connait un essor considérable à partir de la Troisième Période Intermédiaire, lors de l’installation de la capitale à Bubastis. C’est notamment sur ce site, mais aussi à Thèbes (Haute-Égypte), à Beni Hassan (Moyenne-Égypte) ou sur le site de Saqqarah (Basse-Égypte), que furent mis au jour des cimetières contenant des centaines de chats momifiés. Les momies ou simulacres de momies étaient introduits dans des coffres de bois ou de bronze de forme rectangulaire ou zoomorphe, ou bien directement dans une statuette prenant l’aspect d’un chat assis. Des têtes de chat en bronze étaient aussi occasionnellement placées sur une momie enveloppée, en tant qu’ornement (cf. SCHORSCH Deborah, FRANTZ James H., in Appearance and Reality, BMMA 55/3, hiver 1997-1998, p. 18). Ces momifications étaient destinées à deux pratiques religieuses différentes. Les momies pouvaient être des commandes de particuliers dans le cadre de leurs dévotions à la déesse Bastet. Mais elles pouvaient également être utilisées au cours de l’accomplissement du culte journalier dédié à la déesse féline.

 

Les dimensions du bronze Co. 681 et le bourrelet à la section du cou indiquent qu’il s’agit d’un objet complet, c’est-à-dire d’une tête destinée à orner une momie ou un simulacre de momie de chatte.

 

Au Museo Egizio di Torino est exposée une tête de chatte présentant les mêmes caractéristiques et dimensions que la statuette Co. 681, Cat. 0893 (10,5 cm). 

Œuvres associées

Dans les collections du Musée Rodin, Co. 808, Co. 809, Co. 811, Co. 812, Co. 2414 et Co. 2423 sont également des têtes de chattes qui étaient utilisées de la même manière que Co. 681. En revanche, les dimensions diffèrent.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

BOREUX 1913 : Meudon, atelier de peinture, vitrine 10, 385. Tête de chat en bronze. Haut. 10 cent. Estimé cinquante francs.

 

Donation à l’État français en 1916. 

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