Socle - base de statue de défunt.e

Égypte > provenance inconnue

Probablement Première Période intermédiaire ou Moyen Empire (en partant du principe qu'il est affilié à Co. 3398) > 2200 - 2033 avant J.-C. > 2033 - 1710 avant J.-C. 

[VOIR CHRONOLOGIE]

Bois polychromé

H. : 5,5 cm ; L. : 14,8 cm ; Pr. : 27,5 cm 

Co. 6245

Commentaire

Etat de conservation

L’objet est en assez bon état de conservation, malgré l’altération de la surface du bois et de la polychromie. En effet, bien que sain, le bois est très sec et parsemé, sur toutes ses faces, de nombreuses fentes, de tailles variées. Les plus remarquables se trouvent à l’arrière et à gauche de la cavité, sur le dessus du socle, vraisemblablement au niveau des nœuds, ainsi que de part et d’autre du trou de mortaise. On remarque également une fissure au revers du socle, le traversant verticalement et de part en part. Par ailleurs, la polychromie a entièrement disparu, hormis quelques restes d’enduit dans les fentes, ainsi que des traces de noir et d’ocre jaune dans la fissure qui se trouve à l’arrière de la cavité trapézoïdale. De plus, le texte en hiéroglyphes est très usé et presqu’illisible. Enfin, l’ensemble est empoussiéré.  

Description

L’objet Co.6245 est un socle monoxyle, arborant un texte de deux lignes en hiéroglyphes gravé sur le dessus, à l’avant, ainsi qu’une large cavité trapézoïdale creusée sur toute l’épaisseur du socle. La polychromie ayant presque totalement disparu, il est difficile de restituer son apparence originale. Cependant, les restauratrices S. Joigneau et M. Louis ont retrouvé les traces d’une couche préparatoire ocre jaune surmontée d’une seconde couche picturale noire, dans la profonde fissure située à l’arrière de la cavité. Dans cette dernière ont également été découverts des restes d’enduit.  

 

Ce socle devait à l’origine accueillir un second objet, encastré dans la cavité trapézoïdale. Le trou de mortaise, sur le côté gauche de cette cavité, est de dimensions conséquentes : 5,5 cm sur 1,3 cm. Les restauratrices ont émis l’hypothèse qu’il devait servir à y glisser une clavette pour renforcer le maintien de l’objet encastré dans le socle.  

 

Il est possible que ce socle doive être mis en rapport avec une autre œuvre conservée par le Musée Rodin, une statue de femme brunâtre, doté d’yeux et de sourcils incrustés en matières dures, Co.3398. Il apparaît en effet que les pieds de cette statuette sont de taille suffisamment petite pour pouvoir être encastrés dans la cavité trapézoïdale. Par ailleurs, le lien est d’autant plus flagrant que Co.3398 et Co.0650 ont tous deux été sculptés en acacia du Nil, même s’il est nécessaire de préciser qu’une très grande partie des sculptures en bois de l’époque pharaonique sont réalisées dans ce matériau. 

 

Les statues en bois de particuliers sont très fréquentes à la fin de l’Ancien Empire et au Moyen Empire, même si elles existent tout au long de l’histoire égyptienne. Certaines d’entre elles sont pourvues de socles, qui permettent non seulement de stabiliser l’objet mais aussi et surtout d’indiquer le nom du commanditaire, normalement un défunt ou une défunte, et ses titres éventuels ou sa filiation, afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. C’est ici le cas de ce socle qui conserve, bien que dans une écriture en relief assez grossier, le nom de la défunte, une prêtresse d’Hathor. 

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