Bassin d'offrandes en forme de cartouche

ÉGYPTE > PROVENANCE INCONNUE

ÉPOQUE À DÉTERMINER

Pierre noire, BASALTE probablement

H. : 27 cm ; L. : 17,2 cm ; P. : 10,2 cm 

Co. 3432

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre a un bon état de conservation. 

Complète, elle ne présente que quelques impacts sur ses côtés causant des pertes de matière, notamment à l’avant du bassin. Une d’entre elles, sur le bord droit de la face concave, a été comblée d’une matière grise plâtreuse, intervention qui semble être moderne. De la terre d’enfouissement est encore visible sur l’ensemble de l’œuvre et particulièrement sur la face arrière laissée brute. Des dépôts de plâtre blanc ou de matière crayeuse parsèment l’ensemble de la surface. 

Description

L’objet est un bassin d’offrandes ou à libation, prenant la forme d’un cartouche. Toutes les faces, à l’exception de la face arrière, ont été égrésées sans être polies. À l’approche du nœud refermant la boucle du cartouche, ici non incisé, la pierre est moins travaillée ; la surface à cet endroit est en effet plus difficile à atteindre en raison de la profondeur induite par le creusement. La face arrière, laissée brute, suggère que l’objet était présenté couché, la face concave servant de contenant. Une vision de profil permet de constater que ses bords sont très légèrement évasés. Les faces latérales présentent des arêtes à l’annonce de la face inférieure pour assurer une certaine stabilité, alors que la partie concave est parfaitement ovale. 

 

Le cartouche, dit shenouen égyptien ancien, est un symbole hiéroglyphique allongé ou rond, représentant l’univers entouré et protégé par la course du soleil. Il est en forme de boucle de corde, refermée par un nœud aux deux extrémités verticales. Il contient le nom du pharaon et parfois ses épithètes. La corde entoure les noms de Fils de Rê et de roi de Haute et Basse-Égypte. Il est également possible d’y trouver les noms de divinités, ainsi que des noms de notables à partir de la fin de l’époque ramesside, notamment les Grands Prophètes d’Amon. 

 

Les bassins d’offrandes faisaient partie d’un ensemble liturgique et étaient destinés à recevoir des huiles, des onguents, voire des offrandes solides lors de rituels de purification, de présentation ou de libation (sur l’usage des bassins et tables d’offrandes, voir en particulier HABACHI Labib, Tavola d’offerta, are e bacili da libagione N. 22001-22067, Catalogo del Museo Egizio di Torino, Serie Seconda – Collezioni II, Turin, 1977 ; KUENTZ Charles, « Bassins et tables d’offrandes », Bulletin du Centenaire, Supplément au BIFAO 81, 1981, p. 243-282, pl. XXXI-XXXII ; et LEGROS Rémi, Stratégies mémorielles. Les cultes funéraires privés en Égypte ancienne de la VIe à la XIIe dynastieTMO 70, Lyon, 2016). Son usage est bien attesté dès l’Ancien Empire (voir par exemple les tables et bassins d’offrandes trouvés en contexte dans le complexe funéraire de Pépy Ier à Saqqâra (cf. ibid., p. 88-94, annexe 2 p. 235-252) et a perduré sur tout le territoire, jusqu’à la fin des temps égyptiens. Voir par exemple pour les périodes méroïtiques, la table d’offrande avec un cartouche du British Museum EA1599 ou au Penn Museum de Philadelphie, le bassin d’offrandes en forme de cartouche en bois non daté E12943, la table d’offrande méroïtique E7098 et la table d’offrandes gréco-romaine présentant deux cartouches 32-42-749

Œuvres associées

Le musée Rodin conserve deux tables d’offrandes (Co. 939 et Co. 1696). Le bassin  d’offrandes Co. 3432 est néanmoins, en tant que ce type d’objet, unique dans la collection.

Inscription

Anépigraphe. 

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Boreux 1913 : Biron, 266 Cuve anépigraphe en forme de cartouche évidé, granit gris, 27 cent. Sur 10 cent. Estimé deux cent francs.

Donation à l’État français en 1916.

Commentaire historique

L'oeuvre était exposée à l'hôtel Biron en 1913, dans une préfiguration du futur musée.

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