Relief

Fragment d'inscription avec cartouche d'Amenhotep III

Egypte > provenance inconnue

Nouvel Empire > XVIIIe dynastie

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 16,5 CM : L. 22 CM ; P. 2,5 CM

Grès polychrome

Co. 3406

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation. Le relief a été retravaillé à l’époque moderne et aucune des tranches n’est d’origine. Les chants supérieur et droit (marqué de traces de pointe) sont cassés. Le grès est altéré, émoussé et l’on observe une désagrégation sableuse en surface. Les couches picturales sont lacunaires et usées. Le grès présente des taches d’oxydes ferriques au revers et sur les chants cassés.

 

Description

Sur ce fragment de relief, des signes constituant une inscription disposée en deux colonnes subsistent. Dans la colonne de droite, le  nom de couronnement d’Amenhotep III  -Nb-mȝˁt-Rˁ « Rê est le seigneur de la Maât »- est conservé, entouré d’un cartouche (sur le nom des pharaons, voir BONHEME, FORGEAU 1988 ; QUIRKE 1990 ; BECKERATH J. von (1999) ; DODSON 2004 ; DESSOUDEIX 2008). Le premier signe du nom, un soleil servant à écrire le nom du dieu Rê, a disparu dans la cassure de la partie supérieure du fragment. Le second signe, celui représentant la déesse Maât, est presque complet. Il ne manque que l’extrémité de la plume d’autruche placée en équilibre sur ses genoux, cette plume étant son attribut caractéristique (sur cette déesse, fille de Rê et personnification de l’ordre cosmique, voir CORTEGGIANI 2007, p. 303-305). Le dernier signe composant le nom de couronnement d’Amenhotep III, celui de la corbeille nb, est entièrement conservé.

 

Le plan du fond a été descendu afin que les signes soient en relief. Le grès a été badigeonné d’un enduit préparatoire ocre clair, sur lequel a été appliqué un fond blanc recouvert par endroit d’un pigment jaune vif. On observe encore les traces des lignes préparatoire au dessin, tracées en ocre rouge ou en noir. L’artiste s’est aidé des couleurs pour accentuer le relief des signes. En effet, les bords des signes sont peints dans une tonalité différente, leur accordant ainsi une illusion de profondeur supplémentaire. C’est notamment le cas du cartouche qui entoure le nom du roi et du signe de la corbeille nb. La palette, soutenue, comporte principalement du noir, de l’ocre orangé (cornaline), du vert (turquoise) et du bleu foncé (lapis-lazuli). La déesse Maât est accroupie et son corps est recouvert d’un vêtement d’aspect orange. Sur son visage, la ligne de dessin préparatoire ocre rouge est conservée. La perruque, noire, laisse également apparaître des lignes de dessin préparatoire, tracées en ocre rouge. Ceignant son front, un bandeau noué derrière la tête, de la même tonalité orangée que le vêtement, maintien la perruque en place. La plume d’autruche placée sur ses genoux est bleue. Sous l’image de la déesse, le signe de la corbeille nb est peint en vert. Le contour du cartouche est bleu et l’on y voit aussi une ligne de dessin préparatoire noire. Les teintes bleue et verte ont été réalisées grâce au vert égyptien, un pigment de synthèse renfermant de l’étain dans le cas des tonalités vertes du Co. 3406 (pré-rapport de Sandrine PAGES-CAMAGNA (C2RMF) de 2012). D’infimes traces d’or se décèlent au fond de certains signes.

 

Ce petit fragment s’intégrait dans une composition beaucoup plus importante à l’origine, qui reste à déterminer. La taille des hiéroglyphes et le soin apportés à leur réalisation sont conséquents. L’évocation d’une provenance thébaine semble probable, notamment en raison de la tonalité soutenue de la coloration orangée. On note une similarité avec le relief musée Rodin Co. 3183 tant dans la composition du grès, que par la qualité de l’exécution du décor ainsi que la tonalité des pigments utilisés. Pour comparaison, un autre relief de la collection égyptienne du musée Rodin, réalisé en calcaire polychrome, correspond également à un fragment d'inscription monumentale de la même période, le Co. 3410.

 

Amenhotep III, neuvième pharaon de la XVIIIème dynastie, était fils du roi Thoutmosis IV et de l’épouse royale Moutemouia. Il était le père du roi Amenhotep IV, plus connu sous le nom d’Akhenaton. Le règne d’Amenhotep III correspond à une période de prospérité pour le royaume d’Égypte (voir Egypt’s Dazzling Sun 1992 ; O’CONNOR 1998 ; CABROL 2000 ; KOZLOFF 2011). C’est l’un des pharaons qui a laissé le plus de statues à son effigie et est aussi connu pour avoir produit des séries de scarabées commémorant les grands accomplissements de son règne ainsi que ses mariages avec la reine Tiyi et la princesse mitanienne Gilupekha.

 

Œuvres associées

A associer avec le relief musée Rodin Co. 3183, conservant le fragment d'une inscription hiéroglyphique.

 

Inscription

Deux colonnes d’inscription sont conservées. La taille des signes est conséquente.

 

La colonne de droite  porte le nom de couronnement d’Amenhotep III, Nb-mȝˁt-Rˁ (« Rê est le seigneur de la Maât »).

Le sens de lecture de cette colonne s’effectue de gauche à droite.

 

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Boreux 1913 : Biron, 269, Fragment de bas relief en grès donnant, avec une partie du protocole d’Aménophis III, le bas de son cartouche-prénom. Les hiéroglyphes sont émaillés. 22 x 16 ½. Estimé cent cinquante francs.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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