Ptah-Sokar-Osiris sur sa base

Egypte > provenance inconnue
Les derniers temps > Epoque tardive ou fin du XIXème siècle

[voir chronologie]

Bois polychrome
Statue : H. 52,7 CM : L. 11,8 CM : P. 9,2 CM
Socle : H. 4,3 CM : L. 12,8 CM : P. 31,9 CM
Couronne : H. 18 CM : 24,3 CM : P. 2,8 CM
Co. 3401

Commentaire

Etat de conservation

Bon état.

La couronne comporte les stigmates d’une ancienne attaque parasitaire et d’une exposition à une atmosphère humide.

Description

Cette statuette dite "Ptah-Sokar-Osiris" est un élément caractéristique du mobilier funéraire, particulièrement à l'époque tardive, que l'on retrouve dans les inhumations de la tradition égyptienne. Elle représente une divinité momiforme résultant du syncrétisme de trois dieux : Ptah (présent ici en sa qualité de Ta-tenen, en relation avec la terre), Sokar et Osiris (divinités étroitement liées  à la renaissance du défunt dans l'au-delà). Cette statuette assure  la résurrection du défunt et la protection de son corps dans l'au-delà.

 

Cette statue, est rattachée à un socle particulièrement fin de forme rectangulaire (voire presque trapézoïdale) par un tenon taillé sous les pieds de la statuette. Une petite mortaise cylindrique sur le haut de la perruque atteste la présence d'une couronne à l'origine.
La couronne actuelle n'a été associée à l'ensemble que récemment ; même si cet assemblage semble cohérent esthétiquement, rien ne nous permet à l'heure actuelle d'attester cette restitution.
La statuette ne comporte aucune cavité, comme il est habituellement d'usage pour ce type d'objet. Cette cavité était destinée à abriter soit un fragment de papyrus, soit un simulacre de momie fait d'argile et de graines germées, qui garantissaient par leur présence symbolique et magique, la résurrection du défunt tel Osiris. Il est très vraisemblable que cet objet conserve cet aspect "magique", malgré l'absence de cavité.

 

La silhouette de cette statue est sensiblement déséquilibrée. Le corps, assez élancé, est enserré dans une gaine ocre rouge d'où émergent les mains du personnage, croisées sur la poitrine.
La divinité porte une perruque tripartite noire dégageant bien les oreilles. Son visage est peint en jaune ; les détails des oreilles, du nez et les sourcils sont peints en noirs ; les yeux, en noir et blanc. Entre les deux pans de la perruque reposant sur les épaules, on distingue encore le dessin de rangées, alternativement rouges et jaunes, rehaussées de points colorés, qui pourraient s'apparenter à la représentation simplifiée d'un collier ousekh.
Une inscription en noir sur fond blanc court des mains jusqu'au bout des pieds. Les hiéroglyphes, tracés de droite à gauche, ne sont pas déchiffrables. La graphie est cursive, grossière et vraisemblablement fantaisiste. Il subsiste les traces d'une autre colonne de texte au dos de la statue, illisible à présent.

 

La face supérieure du socle est peinte en jaune. Au centre, un encadrement rectangulaire, successivement rouge, blanc et rouge, délimite un motif de résille peint en blanc sur fond jaune.
Les faces latérales sont peintes en rouge. Seule la face avant est ornée d'un pilier-djed vert flanqué de deux signes ankh, en jaune.

 

La couronne est une couronne shouty, composée de cornes de bélier surmontées de deux plumes d'autruche avec un disque solaire à leur base. Cette couronne est réalisée en deux parties. Les cornes, peintes en noir, sont rattachées au reste à l'aide d'une grosse cheville, qui se prolongeait initialement pour permettre de fixer cette couronne au Ptah-Sokar-Osiris. La partie saillante de cette cheville a aujourd'hui disparue. Par endroit, un enduit ocre a été appliqué pour masquer les assemblages et les défauts du bois.
Les détails des plumes cernées de rouge sont représentés en jaune, rouge et noir. Les ocres de la polychromie sont irrégulièrement appliqués soit directement sur le bois, soit sur un enduit.
Le disque, quant à lui, n'est pas taillé dans le bois mais modelé sur enduit et peint en rouge.

 

L'authenticité de la statuette comme de la couronne est actuellement remise en question. Il est probable qu'il s'agisse d'un repeint sinon d'un faux, comme le laissent penser les coloris utilisés et leur application irrégulière et parfois grossière, associée à une inscription fantaisiste et illisible.
Par ailleurs, la représentation de mains croisées sur la poitrine est un motif rare, traité ici de manière originale. Bien que les Ptah-Sokar-Osiris soient généralement représentés le corps entièrement ceint dans une gaine momiforme, on retrouve plusieurs exemplaires avec les bras croisés sur la poitrine, les mains tenant la crosse et le fléau, attributs d'Osiris. Les individus où seules les mains sont saillantes et vides sont plus rares. D'après la classification typologique réalisée par M. Raven, ce n'est pas le cas habituellement des statuettes relevant du type IV B. Or les caractéristiques de ce Ptah-Sokar-Osiris du Musée Rodin telles que le corps rouge et le visage jaune, sa réalisation simple et dénuée de détails, et les couleurs appliquées directement sur le bois sans enduit préalable, correspondent au type IV B de Raven.
Tant d'originalités ainsi réunies remettent en doute son authenticité.
 

Inscription

Face : une colonne de texte, inscrite en noir sur fond blanc. Les hiéroglyphes, tracés de droite à gauche, ne sont pas déchiffrables.

Dos : traces d’une colonne de texte, illisible à présent.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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