Relief

Fragment d'inscription

Egypte > provenance inconnue

Nouvel Empire, probablement

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 18,9 CM : L. 22,2 CM; P. 4,5 CM

Grès polychrome à gros grains

Co. 3183

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en bon état de conservation. La couche d’enduit, préparatoire à l’application de la polychromie, a disparu dans un éclat au niveau supérieur droit et inférieur gauche. Les couleurs recouvrant les signes hiéroglyphiques sont particulièrement bien conservées. De nombreuses traces d’outils sont visibles au revers.

Description

Sur un bloc de grès à gros grain, une inscription hiéroglyphique a été taillée en relief par rapport au fond, puis peinte. Sur une sous-couche préparatoire ocre clair, un enduit blanchâtre a été badigeonné sur tout le fond. Les contours des signes ont été dessinés à l’aide d’une ligne ocre rouge (la ligne bleue apparaissant à la bordure supérieure semble avoir été réalisée sans cette ligne de contour ocre rouge). L’artiste s’est aidé des couleurs appliquées ensuite pour accentuer le relief des signes. En effet, les bords des signes sont d’une tonalité différente, leur accordant ainsi une illusion de profondeur supplémentaire.

Au moins quatre signes hiéroglyphiques sont conservés, orientés vers la gauche. Leur sens de lecture s’effectue donc de gauche à droite. L’état fragmentaire de l’inscription ne permet pas de restituer si la ligne bleue de la bordure supérieure correspond à un élément de texte, ou au contraire à l’indication d’un registre. A l’extrême gauche du fragment, le signe représenté correspond à l’image classique d’une divinité : position assise, genoux repliés sur la poitrine, gainée dans un vêtement blanc et une longue perruque descendant dans son dos (pour comparaison, voir le signe de la déesse Maât du relief musée Rodin Co. 3406, qui est à associer au relief Co. 3183). Ce signe correspondrait au déterminatif du mot précédant. Suivent deux signes, bien conservés. Le profil d’une lionne, dont le numéro dans la liste Gardiner est F4 et qui transcrit le son « hat », surmonte un bras humain, signe D36 de Gardiner et servant à transcrire le son « â ». La combinaison des deux signes (le signe placé à l’extrême droite du fragment étant difficile à restituer en l’état actuel) peut être lue  haty-â  titre qui signifie « prince local » ou « nomarque ».

Il faut souligner la très grande qualité d’exécution de la gravure et de la peinture. Les détails des traits sont réalisés avec un soin

remarquable et l’application des couleurs l’est tout autant. La gamme chromatique reste néanmoins classique. L’habit porté par l’image divine est de lin blanc. La tonalité des chairs humaines est ocre rouge orangée. La robe de la lionne est ocre clair. Les détails de la face sont bien conservés et retiennent l’attention. Crinière et perruque se confondent, peintes vert rehaussé de noir (pré-rapport de Sandrine PAGES-CAMAGNA (C2RMF) en 2012). Les poils de la crinière et du museau sont matérialisés par un trait rouge, souple et précis. Pour les rendre plus visibles, cette pilosité a été appliquée sur une sous-couche blanc-crème. Les yeux, cerclés de noir, sont surmontés de l’arc d’un élégant sourcil peint en noir. L’iris des yeux est ocre rouge, la pupille est marquée par un trait noir ; l’animal regarde devant lui. La truffe était peinte en noir et les babines –tombantes- correspondent à celles d’une lionne. La patte a presque complètement disparu dans une cassure, mais les traces de lignes rouges qui subsistent à son extrémité permettent de restituer que les griffes étaient matérialisées.

Ce petit fragment de paroi s’intégrait dans une composition beaucoup plus importante à l’origine, qui reste à déterminer. La taille des hiéroglyphes et le soin apporté à leur réalisation sont conséquents. Il peut être daté de la XVIIIème dynastie, aux alentours du règne d’Amenhotep III. On note une similarité avec le relief musée Rodin Co. 3406 tant dans la composition du grès, que par la qualité de l’exécution du décor ainsi que la tonalité des pigments utilisés. Le relief Co. 3183 serait donc à associer à cet autre fragment, où le nom de couronnement d’Amenhotep III est inscrit dans un cartouche.

Pour comparaison, un autre relief de la collection égyptienne du musée Rodin, réalisé en calcaire polychrome, correspond également à un fragment d'inscription monumentale de la même période, le Co. 3410.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Boreux 1913 : Biron, 118, Fragment d’une inscription ayant fait partie d’un bas relief. Calcaire peint. Elle est réduite aux mots [hiéroglyphes] Les détails de la tête de lion sont très minutieusement rendus. 22 x 19. Estimé cent cinquante francs.

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

Le relief était exposé à l'hôtel Biron en 1913, en préfiguration du futur musée.

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