Provenance inconnue
Indéterminée. Peut-être Nouvel Empire > XIXe dynastie ?
Calcaire
H. 7,4 cm ; L. 14,5 cm ; P. 3,9 cm
Co. 2486

Commentaire

Etat de conservation

L’état de conservation de l’objet Co. 2486 est médiocre. La pierre est particulièrement pulvérulente. Toutes les surfaces sont très érodées. Par conséquent, de nombreux détails ne sont plus discernables, comme les visages des personnages ou les traces d’une éventuelle polychromie. La partie inférieure de la statuette (comprenant la base et les pieds des personnages) est brisée. La tête du deuxième personnage en partant de la gauche est tout à fait en lacune, tout comme l’arrière de la tête du premier.

Des inscriptions, disposées à l’arrière du groupe statuaire, sont aujourd’hui indéchiffrables.

Description

Ce groupe statuaire conserve quatre personnages, assis sur une longue banquette rectangulaire. La banquette est munie d’un dossier, qui atteint presque la hauteur de leurs épaules. Ils semblent groupés par paire, puisque qu’un espace un peu plus important sépare deux couples. Chaque personnage passe un bras dans le dos de son voisin, l’autre bras reposant sur sa cuisse. Au vu de l’état de conservation actuel, le sexe de chaque personnage est impossible à déterminer. Bien que tous paraissent coiffés et habillés de la même manière (une perruque longue à mèches bien visibles de dos, un vêtement long qui s’arrête en-dessous des genoux et une large ceinture), il est à souligner que, le plus généralement, le geste d’accolade reste essentiellement confiné aux personnages féminins (FAROUT 2018).

 

Au revers de la statuette, centrée sur chaque paire, une stèle à sommet cintré est sculptée en creux dans le dossier, sur une profondeur de trois millimètres et une largeur de 2,3 cm. Sur chacune se trouvait une inscription en relief, aujourd’hui très effacée et illisible. Au centre du dossier, entre les deux stèles, on distingue une figure féminine (divinité ?), sculptée en relief dans un espace rectangulaire (largeur : 2,6 cm, profondeur max. 0,9 cm). On peut reconnaître un visage ovale et une chevelure, éventuellement une poitrine, mais il est impossible d’identifier le personnage. Les groupes statuaires représentant plusieurs personnages sont courants dans l’art égyptien dès l’Ancien Empire. Il s’agit très fréquemment d’époux représentés debout ou assis côte à côte, tandis que leurs enfants sont souvent figurés plus petits, debout et à proximité. L’un des exemples les plus célèbres est le groupe statuaire du nain Seneb, datant de la IVe dynastie et conservé au Musée du Caire (JE 51297). Lorsque les époux ne se tiennent pas par la main, la femme enlace généralement son mari, en enserrant sa taille et en posant l’autre main sur son épaule, dans un geste relativement similaire à celui schématisé sur la petite statuette du musée Rodin. Ces groupes statuaires étaient généralement de petite taille (quelques dizaines de centimes maximum, l’exemplaire de la collection Rodin semblant, par comparaison, particulièrement petit) et étaient placés dans les chapelles des tombes ou dans des lieux de pèlerinage.

Cependant, malgré le fait que ce type d’iconographie privée soit très répandu à toutes les périodes de l’époque pharaonique, très peu de statues montrent quatre personnages, disposés deux par deux et de même taille. La représentation de deux couples côte à côte est donc peu fréquente et quasiment limitée à la fin de la XVIIIe dynastie et à l’époque ramesside, comme en témoignent le groupe conservé au musée d’Athènes (TZACHOU-ALEXANDRI 1995, p. 127, n°21), ou encore celui de la famille de Huy, prêtre de Maât (Musée du Caire JE 11253 = CG 621 ; BORCHARDT 1925, p. 166-167, pl. 113). On notera néanmoins que les personnes alignées se tenant par la taille ne sont pas nécessairement des époux, mais peuvent également être les membres d’une même famille sur plusieurs générations (Stèle de Ptahmose et de Mery-Ptah conservée à Leyde, DEL VESCO et al. 2019, p. 11, fig. 16) ou même des divinités (Stèle familiale de Ouennefer, Louvre C 97, Idem., p. 11, fig. 17). Si l’état de conservation de cette statuette ne permet pas d’être plus précis quant à l’identité des personnages représentés ou de leurs relations, il peut être proposé – avec réserve – de voir dans ce groupe statuaire une réalisation du Nouvel Empire.

Inscription

Anépigraphe

Historique

Donation de Rodin à l’État, 1916.

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