Ouchebti momiforme

Égypte > Provenance inconnue

Basse Époque

[VOIR CHRONOLOGIE]

Fritte émaillée bleu-vert

H. 10,9 CM : l. 3 CM (BRAS) : P. 2,3 CM (SOCLE)

Co. 2344

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est complète et en très bon état de conservation. Un manque est visible sur l’épaule droite. Quelques éclats ont endommagé le socle au niveau des arêtes. Absence de glaçure sous la base.

Description

Ouchebti en fritte émaillée de couleur bleu-vert intense. Le personnage se tient debout, dressé à l’aplomb d’une petite base rectangulaire. Le dessous de la base ne présente pas de glaçure, ce qui semble indiquer que l’objet a été cuit en position debout. Il est également possible d’observer que la pâte est de couleur beige verdâtre.  Le corps est entièrement emmailloté : les membres ne sont pas visibles. Les mains – sommairement exécutées en relief – apparaissent croisées au niveau de la poitrine. Le personnage porte une perruque tripartite et une longue barbe fine, non rayée. Le visage, de forme allongé, est grossièrement détaillé. Deux incisions en diagonale figurent les yeux et deux autres la bouche ; le nez est triangulaire. Chaque détail du visage est modelé par des incisions rapides dans la matière. La bouche apparaît déformée. Les oreilles sont très longues et non détaillées, elles se détachent nettement devant le pan de la perruque. Au revers de l’objet, un pilier dorsal est indiqué. Il est séparé de la perruque par une incision large et profonde.

 

L’objet est d’allure élégante et de proportions harmonieuses. Néanmoins, le matériau et l’exécution sommaire de cette pièce sont les indicateurs d’une fabrication en série (au moyen de moules). Cette production est caractéristique de la Basse Époque.

 

Le style de cet ouchebti confirme une datation de la Basse Époque, en particulier la longue barbe, les petites mains, la base et le pilier dorsal (SCHNEIDER 1977, type 5.3.1). Voici un exemplaire proche stylistiquement, daté de la XXVIe à la XXXe dynastie.

 

On note sur ces deux statuettes l’absence d’inscription. Il s’agit vraisemblablement d’une figurine accompagnant une série. Destinés à l’équipement funéraire d’une même personne, des ouchebtis anépigraphes pouvaient en effet compléter une collection de figurines plus grandes, plus prestigieuses et généralement inscrites. L’ouchebti du musée Rodin Co. 2344 a comme particularité de présenter des traits grossiers et de ne tenir aucun instrument agricole dans les mains ; l’exécution hâtive de cette figurine indique qu’elle n’était peut-être pas tout à fait terminée avant sa cuisson.

 

Les collections du musée Rodin comptent d’autres ouchebtis de la même période : Co. 2354 (inscrit, XXVIe-XXVIIe dynasties), Co. 2356 et Co. 2372 par exemple.

 

Également appelés chabtis ou chaouabtis avant la XXIe dynastie, les ouchebtis (du verbe oucheb, « répondre ») sont des « répondants », des figurines funéraires chargées de répondre à l’appel du défunt pour effectuer à sa place les tâches agricoles dans le monde des morts. Les exemplaires les plus anciens sont peut-être à identifier parmi les figurines en terre crue ou en cire de la XIe dynastie (vers 2000 av. J.-C.). Au début du Moyen Empire, une formule magique devait être récitée sur une statue du maître défunt afin de le protéger des basses besognes obligatoires dans l’Au-delà. Cette effigie était généralement momiforme et en bois (cf. SCHNEIDER 1977, vol. I, p. 67). Les figurines en pierre apparaissent à la deuxième moitié de la XIIe dynastie et une formule magique apparaît alors sur leur corps. Il s’agit d’un extrait du chapitre VI du Livre des morts. Le nombre et la qualité des statuettes augmentent progressivement au cours du Nouvel Empire et, à partir de la Troisième Période intermédiaire (vers 1070 av. J.-C.), elles sont généralement réalisées dans une fritte émaillée de couleur bleue qui accroche le regard. Les ouchebtis sont particulièrement nombreux à la Basse Époque, une seule tombe pouvant en contenir environ quatre cent. (Concernant l’origine et la fonction des ouchebtis, cf. SCHNEIDER 1977, vol. I, p. 62-70 ; BOVOT 2003, p. 11-18 et p. 46-52)

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Il s’agit probablement du n° 133 dans le catalogue Boreux (1913).

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