Applique de mobilier

Néréide

Égypte > provenance inconnue

IIIe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 6 cm ; L. 2,1 cm ; P. max. 0,4 cm

Os long ou scapula de bœuf

Co. 2131

Commentaire

Etat de conservation

Cassée sur trois de ses côtés, l’élément d’applique offre une teinte ivoirine homogène. La ligne de fracture sur le côté dextre a suivi la courbure du voile. De discrets sédiments subsistent dans les creux de la face principale et dans les trabécules au revers.

Description

Le buste nu de la jeune femme, orienté vers la gauche se poursuivait sur un autre élément de placage, juxtaposé à celui qui nous préoccupe, pour former une scène plus vaste. Sa posture, plus ou moins assise, ainsi que le voile qui surmonte sa tête, permettent de supposer qu’il s’agit d’une Néréide (MARANGOU 1976 p. 42-44). Ce drapé qui enfle sous l’effet du vent en une masse circulaire s’inspire de l’iconographie des aurae velificatae, de celle Aphrodite sortant de l’onde, ou encore des représentations de l’enlèvement d’Europe. L’attitude de la nymphe n’est pas sans rappeler la pose alanguie de la divinité marine sculptée sur l’applique du musée Rodin Co. 2305, bien qu’elle soit moins allongée que cette dernière. Certaines créatures paraissent davantage redressées, comme sur certaines pièces conservées au département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France (reg.D.3037-1, 5, 7 : MURET 1830-1866, pl. 20), ou celles encore en place sur les couvercles ou parois de coffrets du musée copte au Caire (STRZYGOWSKI 1904, n° 7072, 7075 p. 180, pl. XIV). La même position inversée se retrouve sur l’applique 13265 du musée gréco-romain d’Alexandrie. Mais sur ces analogies, elles détournent souvent la tête en arrière, ce qui n’est pas le cas de notre Néréide.

 

Dotée de volumes assez peu prononcés, la Néréide est abritée sous la fine étoffe de son voile gonflé par la brise marine. Ses chairs lisses au modelé doux, le rendu précis et fouillé de ses cheveux attachés en chignon, ainsi que ses traits faciaux, contrastent avec la stylisation qui se fait jour sur les pièces de comparaison citées ci-dessus. L’attention portée aux détails anatomiques avec le percement de l’œil et de la narine, et la subtilité de l’expression, invitent à placer la production de cette pièce avant le IVe siècle, date à laquelle sont assignées nombre d' appliques aux silhouettes plus schématiques déjà évoquées.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

< Retour à la collection