Applique de mobilier

ménade au tympanon ?

Égypte > provenance inconnue

Ve -VIe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 6 cm ; l. 2,8 cm ; ép. max 0,5 cm

Os, métacarpe de bœuf, face postérieure, partie distale

Co. 2130

Commentaire

Etat de conservation

Brisée sur trois côtés, cette applique de petite taille ne conserve que la partie médiale de son bord supérieur et la section inférieure du bord dextre. L’os, à la teinte crayeuse, présente un fendillement longitudinal. Un délitement de la matière a fortement endommagé le visage de la ménade. D’abondants sédiments sont encore emprisonnés dans les parties en creux. Au dos, des pertes de matière peuvent être observées en surface de la paroi de la cavité médullaire.

Description

Dansant vers la gauche, la jeune suivante de Dionysos amorce un mouvement contraire. La ligne sinueuse de sa silhouette témoigne de cette volte-face. Son buste, vu de trois-quarts, accompagne la torsion du cou et le visage regardant vers l’arrière. Relevé au-dessus de la tête, le bras gauche tenait sans doute, avant que l’applique ne soit cassée, un tympanon. C’est cette même pose, peu naturelle, mais inversée, que nous retrouvons sur l’applique Co. 2141.

 

Sans doute inspirée par l’attitude de Dionysos Lykeios (MARANGOU 1976, p. 35), ce modèle iconographique se retrouve sur d’autres éléments de placage en os : un relief du musée gréco-romain d’Alexandrie (inv. 13269 : TÖRÖK 2005, n° 88 p. 146), trois exemplaires du musée Benaki (inv. 18886, 18887-18895, 18879 : MARANGOU 1976, n° 93 p. 103-104, pl. 29a, n° 104-105 p. 105-106, pl. 33a-b), et une applique regroupant une ménade et un satyre appartenant également aux collections du musée Benaki (inv. 18839 : LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, p. 151, 170, n° 257 p. 288).

 

La figure déhanchée est vêtue d’un chiton qui découvre son sein droit, et son épaule mise en valeur par la torsion du haut du corps. Ceinturé à la taille, le chiton retombe en larges plis sur les jambes, et dévoile la jambe droite en retrait. En dépit de l’état de dégradation de la surface, on perçoit encore une réelle volonté de transcrire le rythme imprimé par la danse au corps de la ménade. Dotée d’un corps allongé, la jeune femme offre un visage menu cerné d’une chevelure dont on ne distingue que quelques mèches. Bien que les lignes du drapé soient moins souples que sur la pièce inv. 18839 du musée Benaki, sans doute en raison du cadre contraint de l’applique, et que les traits du visage diffèrent, plusieurs critères encouragent un rapprochement avec cet élément de placage. La proximité iconographique ainsi que le choix du modelé peu prononcé cerné de contours profondément incisés permettant d’envisager pour la pièce qui nous intéresse, comme l’avance A. Loverdou-Tsigarida pour celle du musée Benaki, une réalisation au Ve-VIe siècle.

 

Comparaisons :

-Paris, musée Rodin, Co. 2141 (contrepartie symétrique).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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