Applique de mobilier

Dionysos Lykeios

Égypte > provenance inconnue

IIIe-IVe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 9,67 cm ; L. 4,96 cm ; P. 1,4 cm

Os, humérus gauche de bovidé, face médiale

Co. 2109

Commentaire

Etat de conservation

La partie inférieure de l’applique est cassée. Par conséquent, les jambes du personnage ainsi que sa main gauche ont disparu. Des petits éclats sont observables aux angles supérieurs et le long du bord senestre. Le fendillement de l’os, bien visible surtout sur le torse et la cuisse du personnage, est la marque d’un léger délitement de la matière, tout comme les fissures verticales qui courent au dos de la pièce.

Description

Le bras droit décrivant une courbe au-dessus de la tête, et le bras gauche sans doute appuyé sur un support, Dionysos, nu, à l’exception d’un himation couvrant son dos, emprunte sa pose à la sculpture de l’Apollon Lykeios.

Le poids de son corps, tourné vers la gauche, repose sur sa jambe droite. Le buste du dieu est modelé avec douceur, les pectoraux n’étant soulignés que par deux arcs de cercles faiblement gravés. Sous un nombril indiqué par un coup de burin, l’artisan a pris soin de représenter les organes génitaux. On notera également la largeur significative du bassin contrairement à d’autres appliques de la collection du musée Rodin, telles Co. 2071 ou Co. 2232.

 

Le visage rond, légèrement orienté vers la gauche, est doté de joues pleines. Les yeux aux pupilles en relief – logés ici sous des arcades sourcilières bien marquées – se retrouvent sur plusieurs appliques conservées au musée Benaki (18905, Marangou 1976, n° 8 p. 88, Pl. 4c, n° 20-22 p. 90-91, Pl. 9). Cette tradition, qui consiste à rendre les yeux par deux petites formes globulaires, se veut l’héritière d’un procédé illusionniste datant de l’époque hellénistique.

Ces yeux entourent un nez assez large, qui surmonte une bouche menue dessinée par des lèvres charnues. Au-dessus d’un front dégagé, les cheveux s’organisent en mèches parallèles torsadées de part et d’autre d’un axe central, mais les boucles retombant habituellement ne sont pas réellement discernables. Les mèches tirées vers l’arrière présentent un aspect légèrement crêpelé qui transcrit de façon soignée l’enroulement des cheveux. Le haut de la chevelure est laissée lisse à l’instar des pièces Co. 2071, Co. 2099, Co. 2135-Co. 2152, Co. 2232, Co. 2242 du musée Rodin. Un certain nombre de ses caractéristiques formelles se notent également sur une applique du Keysey Museum (1962.01.0001), mais celle-ci présente une nette simplification dans le rendu des volumes par rapport à la nôtre.

 

L’attention portée au visage, la finesse des traits, la subtilité du modelé ainsi que le poli du corps distinguent cette applique d’autres exemplaires, dont les maladresses reflètent le travail d’une main moins experte. Le rendu assez systématique des mèches de la chevelure, la solidité du buste et l’aspect plutôt statique du corps plaident en faveur d’une réalisation au cours des IIIe-IVe siècles.

 

Comparaisons :

-Ann Arbor, Kelsey Museum, 1962-0-001.

-Athènes, musée Benaki, 18905, 18906, 18907, 18909 (yeux).

-New York, Sadigh Gallery, en vente le 04/09/2018 (coiffure aux mèches ondulées qui dégage le bas du visage).

-Paris, musée Rodin, Co. 2232 (certains aspects de la coiffure : traitement des mèches et partie supérieure lisse).

-Vente Nice, Sarl4-Auction, Vente de prestige, 27/12/2015, lot 185 (coiffure aux mèches dentelées).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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