Applique de mobilier

Dionysos Lykeios

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 12,58 cm; L. 4,4 cm; P. 1,4 cm

Os, tibia droit de boeuf

Co. 2102

Commentaire

Etat de conservation

L’applique cassée dans le sens de la hauteur a nécessité un recollage incluant un mince comblement. La surface externe de l’applique, comme le revers, présentent un fendillement, voire un délitement de la matière. De longues fentes longitudinales courent sur toute la hauteur au revers, accompagnées de courtes fentes multidirectionnelles. De nombreux petits éclats ponctuent la ligne extérieure des bords internes, et endommagent les angles. La partie inférieure dextre est manquante. Une quantité non négligeable de sédiments de couleur grise subsiste en surface. Malgré un nettoyage qui a permis d’éliminer la couche de salissure, ainsi que d’atténuer le voile blanchâtre présent en partie supérieure de la pièce, des traces blanches recouvrent encore certaines zones du buste et du cou.

Description

Dionysos, sculpté dans une attitude lascive, relève son bras droit au-dessus de la tête et s’appuie de son coude gauche sur un support assez haut, dont la forme, en ellipse, est plus suggérée que définie. La ligne ondulante de son corps, engendrée par un hanchement prononcé, est mise en valeur par le drapé de l’himation. En effet, les quelques traits incisés le long du bord dextre indiquent la présence d’un manteau reposant sur l’épaule droite, qui retombe en de larges plis, le long et derrière la jambe gauche du dieu, au-devant de l’élément qui le soutient. La silhouette de Dionysos souscrit ici en tous points au type de l’Apollon Lycien, modèle passé à la postérité grâce à la description qu’en a livrée l’auteur Lucien de Samosate. Ce type daté de la seconde moitié du IVe siècle ou du IIe siècle av. J.-C. semble avoir été fréquemment adopté pour représenter Dionysos à partir de l’époque hellénistique.

 

Le corps nu laisse entrevoir des chairs plutôt molles, qui s’accordent à la forme d’abandon qu’affecte le dieu. Son buste, vu presque de face, offre un modelé particulièrement doux, dans lequel ne transparaît pratiquement pas la structure musculaire. En outre, les détails anatomiques comme le nombril, ne sont qu’évoqués. Les organes génitaux et les mains révèlent la même volonté de simplification : les bras se terminent par des appendices aux doigts non individualisés.

 

Le visage tourné de trois-quarts vers la gauche est traité lui aussi de façon très schématique. De forme pleine, il accueille en son centre un nez long et fort, au-dessus d’une bouche simplement transcrite par un petit sillon. Les yeux sont rendus par une économie de moyens : deux traits fortement incisés rejoignant les ailes du nez. Quant à la chevelure, elle circonscrit le haut de la tête telle une couronne. Les stries qui la marquent déterminent les mèches torsadées sans doute retenues sur la nuque par un chignon. Sa stylisation est telle que la coiffure féminine de Dionysos n’est pas aisément reconnaissable.

 

Si le corps conserve une certaine souplesse, le visage présente un traitement synthétique rarement mis en évidence sur les appliques dédiées à Dionysos. Il est donc difficile de trouver une applique offrant la même approche. On peut citer tout de même l’applique 19006 du musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 14, p. 89, pl. 7a), au corps aux formes déliées et cernées de lignes profondément incisées. L’inclinaison de la tête et du buste à la musculature estompée est assez similaire, tout comme la retombée de l’himation, mais le rendu du visage plus soigné diffère de celui de notre applique. Compte tenu de la mise en rapport par L. Marangou de cette applique de comparaison avec des critères formels de l’époque sévérienne, nous pouvons supposer que la pièce du musée Rodin, plus stylisée, a dû être sculptée au cours du IVe siècle.

 

Comparaisons 

-Athènes, musée Benaki, 19006.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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