Matière et technique

La planéité du relief, sa largeur et la répartition du tissu osseux spongieux au dos, ont engagé F. Poplin à reconnaître un segment de scapula de bœuf. Le recours à cet os plat a pu d’ailleurs être mis en évidence pour d’autres pièces du musée Rodin appartenant à la même typologie d’appliques et dévolues à une iconographie proche : Co. 2079, Co. 2173, et Co. 2114.

 

Trois des bords révèlent des traces de sciage qui prennent la forme de longues stries longitudinales. Sur le bord senestre s’y superposent de courtes stries, assez profondes, perpendiculaires au fil de l’os, qui attestent peut-être d’une reprise du bord par sciage, mais selon une autre orientation. Le sciage du bord supérieur a entraîné l’apparition d’esquilles. Celles-ci sont peut-être le résultat d’une partition par flexion, avant l’achèvement du sciage.

 

La surface interne, pour sa part, a été régularisée afin de faire disparaître au maximum le tissu osseux spongieux, puis abrasée, comme le laissent deviner les fines stries qui se développent à proximité des bords. L’ensemble de la surface externe a été façonnée à l’aide de petits ciseaux, dont la lame peut être tenue responsable des petits arrachements de matière, discernables à l’arrière-plan, comme sur le corps du satyre et la colonne. Viennent s’ajouter à ces stigmates conférant un aspect quelque peu rugueux à la surface externe, des traces de broutage d’une petite lame métallique, visibles par exemple le long de la jambe gauche.

 

Les contours de la silhouette masculine ont été fortement incisés, de façon à remédier au faible volume autorisé par la sélection d’une omoplate de bœuf. L’artisan a privilégié l’emploi d’un fin burin pour déterminer les détails anatomiques, et en a sans doute usé avec beaucoup de vivacité, comme le prouvent à la fois les contours schématiques et les lignes enlevées du relief. Le façonnage s’est achevé par un polissage estompant les traces d’outils.

 

Modification matérielle

Aucune.

Etat de conservation

L’applique est conservée dans son intégralité. On note l’existence de sédiments au sein du tissu osseux spongieux apparent au revers de la pièce. Un tiers de la surface interne, sur le côté dextre, présente une coloration légèrement ocre, que l’on retrouve de façon plus aléatoire sur le reste du dos.

 

Restauration

La pièce a bénéficié d’une restauration réalisée par Véronique Picur en 2018-2019. Celle-ci s’est traduite par un nettoyage enzymatique à l’aide d’un coton-tige, suivi d’un rinçage à l'éthanol. Cette opération a eu l’avantage d’atténuer les traces de salissures grasses couvrant la surface de l’applique.

< Retour à la collection