Applique de mobilier

Dionysos Lykeios accompagné de la panthère

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 8,87 cm ; L. 3,94 cm ; P. 0,98 cm

Os, tibia de boeuf, partie proximale

Co. 2077

Commentaire

Etat de conservation

La partie senestre de la pièce est brisée, ce qui a engendré la disparition du bras gauche et du front de la figure d’homme. L’angle supérieur dextre est également lacunaire. La nature spongieuse du tissu osseux transparaît sur toute la surface de la pièce. En outre, la matière présente un fendillement dans le sens de l’axe de l’os et une usure assez prononcée. Des petites taches ocre brun sont observables sur toute la partie supérieure, au revers. Des sédiments subsistent dans les parties sculptées en creux de la surface externe.

Description

L’apparence juvénile du dieu de l’ivresse, son androgynisme, ainsi que sa pose nonchalante, le rattachent à l’abondante série des Dionysos Lykeios. L’arc de cercle qu’il décrit avec son bras droit génère un déséquilibre requérant un appui pour le bras gauche. Celui-ci prenait le plus souvent la forme d’une colonnette. Cette dernière pourrait avoir disparu avec la cassure du bord senestre. Il n’est cependant pas exclu que Dionysos ait pu tenir dans sa main gauche une corne d’abondance comme sur deux appliques du musée Benaki (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, n° 128 p. 269, pl. 38 ; n° 132 p. 269, pl. 39). Alors que la jambe droite tendue supporte le poids du corps, la jambe gauche légèrement fléchie semble avancer, élargissant la composition. On notera que le fléchissement mal interprété introduit beaucoup de rigidité. La ligne des épaules penchée répond à une forte inclinaison du bassin. Cette pondération se repère également sur trois autres appliques fragmentaires du musée Rodin : Co. 2074, Co. 2123, Co. 2274.

 

À la droite de Dionysos, se trouve couchée une panthère qui détourne son museau vers lui. L’animal semble avoir subi une déformation. Son corps comprimé est surmonté d’une tête étirée en hauteur. Aux contours très simplifiés s’ajoute le fait que la tête, comme le corps de l’animal, sont traversés par une profonde incision qui en gêne l’appréhension. Ce sillon qui prolonge un des plis du manteau du dieu, retombant au-dessus, a dû être pratiqué par l’artisan avant qu’il n’envisage, dans un second temps, d’adjoindre à Dionysos, le félin qui lui est généralement associé en souvenir de son périple en Inde.

 

La figure se présente nue, à l’exception d’un himation retombant de son bras droit en plis amples jusqu’au-dessus du museau de la panthère. Le hanchement accusé ainsi que la petitesse des jambes confèrent une certaine raideur au personnage. Les jambes fuselées en partie inférieure s’achèvent par des pieds à peine suggérés, comme s’ils étaient tronqués. Un ventre renflé fait écho à la forte cambrure du dos. À la différence des organes génitaux détaillés, les muscles du torse sont peu visibles, sans doute effacés en partie par l’usure de la surface.

 

Le visage, porté par un cou allongé et tendu, semble davantage tourné vers la gauche que le reste du corps. Les traits, hormis la bouche dont on devine les lèvres ourlées, ne sont plus lisibles, en raison de la forte abrasion et des cassures de la pièce. Quelques boucles des cheveux ou un chignon sont encore reconnaissables en bordure de la joue droite. La tête de profil rappelle lointainement celle de l’applique 18902 appartenant au musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 26 p. 91-92, pl. 11a).

 

Cette applique moitié moins haute que l’ensemble de la série consacrée à Dionysos, dotée d’un relief peu prononcé, est la seule à répondre à cette typologie, pour cette iconographie, au sein des collections du musée Rodin. La hauteur réduite de la matrice pourrait expliquer en partie les proportions courtes du corps de la divinité, son buste large et son ventre plus pesant.

 

Notre pièce trouve des correspondances iconographiques avec la série des petites plaquettes quadrangulaires occupées par un Dionysos Lycien. Les personnages des appliques 18807, 18797, 18798 conservées au musée Benaki (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, n° 128-130 p. 269, pl. 38-39) proposent la même posture mais leur taille plus réduite accentue encore davantage le canon trapu du dieu. Le style très hétérogène de cette applique faisant se côtoyer une raideur des jambes, une schématisation extrême de la panthère, et au contraire, un rendu sensible du torse et du visage, nous encourage à l’attribuer de manière un peu arbitraire au IVe siècle.

 

Comparaisons 

-Athènes, musée Benaki, 18807, 18797, 18798 (posture générale).

-Athènes, musée Benaki, 18902 (visage et coiffure).

-Paris, musée Rodin, Co. 2074, Co. 2123, Co. 2274 (disposition des jambes).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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