Applique de mobilier

Dionysos Lykeios flanqué de la panthère

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C.  

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 14,6 cm ; L. 4,12 cm ; P. 1,65 cm  

Os, humérus gauche de boeuf, face médiale 

Co. 2071

Commentaire

Etat de conservation

La partie senestre de l’applique est manquante. La ligne de cassure part du bord supérieur, oblique pour suivre la ligne du bras droit du dieu, se poursuit le long du visage, du torse puis de la jambe gauche. Le bras gauche de Dionysos a disparu, ainsi que la partie droite de l’applique sur laquelle était peut-être sculptée une demi-colonne ou un pilier.

Des marques noirâtres couvrent toute la surface de l’applique, en particulier les parties les plus saillantes. Au revers, les trabécules visibles sur la partie inférieure de la pièce sont encore emplies de sédiments. Une fine couche de concrétions beige clair recouvre en grande partie la paroi plus lisse de la cavité médullaire, surtout en partie supérieure.

Description

Dionysos est représenté nu, hanché, les jambes croisées, le bras droit recourbé au-dessus de la tête dans l’attitude du repos. Son corps ainsi que son visage sont tournés vers la gauche. Le drapé de son manteau, signalé par quelques lignes incisées de manière hâtive, retombe le long du bras droit et de la jambe droite. Le dieu est accompagné d’une panthère couchée à sa droite qui pointe son museau dans sa direction. Les formes de cette dernière sont rendues de façon très schématique. L’arrière-train de l’animal est dissimulé par la jambe gauche de la divinité.

 

Le corps, à l’allure plutôt svelte, offre un torse dont la structure osseuse et la musculature sont à peine esquissées. A l’aplomb du nombril, suggéré par un léger creusement au burin, se développe la ligne très peu marquée du sternum.

 

Tourné de trois-quarts vers la gauche, le visage du dieu est encadré d’une chevelure séparée en bandeaux torsadés formant sans doute un chignon sur la nuque et retombant en boucles sur les épaules. Le front et le centre de la chevelure sont occupés par un large aplat présent aussi sur les visages des appliques du musée Rodin Co. 2099, Co. 2135-Co. 2152, Co. 2232, Co. 2242. On retrouve cette caractéristique sur l'applique fragmentaire 71.1118 du Walters Art Museum de Baltimore (RANDALL 1985, n° 174 p. 102-103), un fragment du musée Benaki (18910 : MARANGOU 1976, n° 19 p. 90, Pl. 8c) ainsi que sur une applique conservée à la Getty Villa de Malibu (71.AI.190). Les arcades sourcilières, qui se confondent avec la ligne tombante des paupières, abritent des yeux rapprochés séparés par un nez droit à l’extrémité accidentée. Dans le bas du visage aux traits émaciés, se loge une petite bouche aux lèvres charnues, au-dessus d’un menton légèrement prognathe.

 

Si les caractéristiques stylistiques du visage invitent à rapprocher cette applique des pièces précédemment citées, le traitement du corps s’en démarque par un travail heurté de la matière et un polissage parcimonieux. Cette rudesse dans l’approche de la matière s’observe de façon moins accentuée dans la sculpture de l’applique exposée à la Getty Villa. Conservée dans son intégralité, cette pièce présente de fortes similitudes dans la physionomie du dieu et la position de la panthère.

 

Sur l’applique du musée Rodin, le manque de soin apporté aux membres, aux parties laissées nues, ainsi que le dessin rudimentaire de la panthère, sont les signes d’un travail rapide, ou n’ayant pu être totalement achevé. L’allure générale du corps de Dionysos, sa gracilité, son buste étiré et l’orientation de son regard rappellent une applique du musée Benaki qui renvoie à un modèle de l’époque antonine (18920 : MARANGOU 1976, n° 4 p. 88, Pl. 3a). Toutefois, le manque de finesse de notre relief l’en distingue clairement. Deux appliques sculptées d’une figure d’Apollon ou de Dionysos Lykeios, découvertes en 1911 dans une tombe située au nord de la nécropole de Shurafa (Scenas Mandras) (PETRIE & MACKAY 1915, p. 44, fig. 10-11 Pl. LII), se caractérisent par un degré d’inachèvement qui semble encore plus affirmé. La forte stylisation engendrée par le traitement nerveux de la matière est un frein pour une datation trop haute, et invite à ne pas placer la réalisation de la pièce avant le IVe siècle.

 

Comparaisons :

-Athènes, musée Benaki, 18910.

-Baltimore, Walters Art Museum, 71.1118.

-Londres, British Museum, 1912, 1019.17 (PETRIE & MACKAY 1915, p. 44, fig. 11 Pl. II).

-Malibu, Getty Villa, 71.AI.190.

-Paris, Musée Rodin, Co. 2099, Co. 2135-Co. 2152, Co. 2232, Co. 2242.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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