Modèle de sculpteur

Crocodile allongé

Egypte > provenance inconnue

Basse Epoque à Epoque hellénistique et romaine

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 13,5 CM; L. 43 CM ; P. 15 CM

Calcaire polychrome

Co. 1308

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en bon état de conservation. On observe néanmoins que la surface est parsemée d’épaufrures et de griffures. De la terre est mêlée à de l’encrassement et empâte certains creux. Des lichens sont également présents sur la surface. Un éclat important est visible sur la queue.

 

Description

Cette statue d’un crocodile allongé sur une base correspond à un modèle de sculpteur. L’animal repose sur le ventre, en position statique, les quatre pattes repliées et la queue légèrement tournée vers la droite. Les paires de pattes étant alignée, l’animal n’est pas en reptation mais aux aguets. La queue, très légèrement courbée vers la droite confirme cette attitude, il maintient son appendice caudal, qui lui servira à assommer la proie ; en position de marche, elle serait déportée pour servir de balancier. Sa tête est relevée et repose sur un renfort conservé dans la masse. Ce procédé est usuel et d’autres statues et statuettes de crocodiles allongés présentent également un plein réservé entre le cou de l’animal et sa base. Les pattes arrière sont plus fines que les pattes avant.

 

L’aspect général de l’objet évoque une œuvre seulement entamée. La tête du crocodile est ébauchée. Le museau est très allongé mais yeux, oreilles, gueule et naseaux sont à peine figurés. Les doigts des pattes sont grossièrement sculptés. Les quatre côtés et la face inférieure de la base sont sans finition, la face inférieure de la base ayant conservé d’importantes traces d’outil. On remarque des traces d’ocre jaune sur le crocodile et d’ocre rouge sur la base (face supérieure et quatre côtés).

 

L’image du crocodile représente le plus souvent le dieu Sobek, dont le culte est particulièrement documenté dans la région thébaine et le Fayoum, notamment à l’époque gréco-romaine. Deux villes étaient d’ailleurs nommées Crocodilopolis. Le crocodile du Nil, Crocodilus Niloticus est étroitement associé au fleuve et était omniprésent en Egypte. La queue de l’animal, à la puissance exceptionnelle, servait à écrire le son kem du mot Kemet, nom égyptien désignant l’Egypte.

 

Parmi les animaux habituellement retrouvés comme modèles de sculpteur, le crocodile n’est pas le plus courant. Le musée Rodin possède d’autres modèles de sculpteur à l’effigie de crocodile à savoir les Co. 3179, Co. 836, les proportions de la statue Co. 1308 étant d’une échelle nettement pus grande. Leur facture est néanmoins plus aboutie que celle de  Co. 1308, l’exécution de la statuette Co. 836 semblant la plus fine.

 

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Boreux 1913 : Meudon/pavillon de l'Alma/vitrine 19, 498, Crocodile en calcaire sur une base rectangulaire de même matière. Traces de peinture sur la base. Haut. 13 cent. environ Long. 42 cent. Estimé 100 francs.

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

L'oeuvre fut photographiée etre 1905 et 1913 dans la véranda de la villa des Brillants à Meudon. Elle était posée sur une gaine à décor de rinceaux en plâtre, utilisée par Rodin pour exposer ses sculptures à l'exposition du Pavillon de l'Alma qui se tint en 1900 à Paris. Il réutilisa par la suite ce dispositif scénique à Meudon pour présenter les antiques de sa collection. Le modèle de sculpteur côtoie un pied en marbre d'époque romaine, également installé sur une gaine en plâtre.  Il fut ensuite exposé dans la vitrine 19 du Pavillon de l'Alma où Charles Boreux, conservateur au musée du Louvre, le décrivit en 1913.

 

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