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Applique de mobilier

jeune Triton portant une corbeille de fruits

Égypte > provenance inconnue

IIIe-IVe siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 3,4 cm ; L. 8,4 cm ; P. max. 0,7 cm

Os, métacarpe droit de bœuf, face postérieure

Co. 2088

Comment

State of preservation

Ce fragment correspond à la partie dextre d’un élément de placage de mobilier au format rectangulaire. De couleur crème tirant sur le jaune clair pour la face principale, la matière osseuse offre une teinte plus ocre sur le revers, notamment au centre de la pièce. Le relief est fragilisé par une fissure longitudinale qui suit la ligne du bras tendu du triton. Dans les zones en creux subsistent quelques discrets sédiments, ainsi que des résidus blanchâtres. Le dos est strié d’une série de fentes et de fissures courant dans le sens de la longueur. Les deux faces sont fortement abrasées.

Description

accentuée. Orienté vers la gauche, il tient de ses deux bras une haute corbeille remplie de fruits globulaires. L’autre main qui agrippe le corps du panier devait appartenir à une Néréide qui lui faisait face. D’un mouvement vif, le messager des flots tourne la tête dans la direction opposée. On distingue, en effet, à sa droite, une courbe pouvant correspondre à l’épaule d’une créature marine, surmontée d’un voile gonflé par le vent.

 

Bénéficiant d’une forte popularité à la fin de l’Antiquité, le cortège marin peut être à la fois mis en rapport avec Poséidon et Amphitrite, mais aussi avec le thème de la naissance d’Aphrodite ou encore le thiase dionysiaque. De nombreuses appliques associent le schéma du Triton en buste tenant un gouvernail, une coupe ou une corbeille, accompagnant une Néréide nageant ou allongée sur la croupe d’un monstre marin. Les appliques Co. 2044, Co. 2168 et Co. 2209 du musée Rodin révèlent la présence d’un Triton à la droite d’une Néréide. C’est à ce modèle que devait souscrire notre œuvre avant qu’elle ne soit cassée. Deux appliques livrent des analogies plus évidentes : un relief du musée Benaki (18749 : MARANGOU 1976, n° 166 p. 116, pl. 49b), ainsi qu’une applique conservée au musée Ismaïlia (Is. 577, n°465). Si celle d’Athènes montre un Triton muni d’une coupe oblongue garnie de gros fruits, la pièce d’Ismaïlia accueille une divinité tournée vers la droite qui tient une corbeille comparable à celle de notre pièce.

 

La maîtrise de l’anatomie, ainsi que la délicatesse du modelé, sont les signes d’une facture de qualité. On notera particulièrement le naturel avec lequel a été rendue la torsion soudaine du cou ou l’élongation du bras droit. Les traits du visage sont traités par des incisions précises, de façon à faire naître le creux de l’œil et l’emplacement des lèvres. Ce visage n’est pas sans rappeler, mais sans doute avec moins de finesse, ceux des Tritons, dirigés dans le sens opposé, des pièces 18759 du musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 143 p. 113, pl. 45a) et du musée de Berlin (I. 2890 : WULFF 1909, n° 386 p. 112, pl. XVIII). On retrouve l’inclinaison de la tête, les fines mèches glissant sur la nuque et de petites protubérances sur le front suggérant peut-être des pinces de crustacés. Par son schéma iconographique, et sa qualité sculpturale, cette applique révèle une dette envers l’héritage hellénistique. Ces critères stylistiques permettent de suggérer une production autour du IIIe-IVe siècle.

 

Comparaisons 

-Berlin, anciennement aux Staatliche Museen, I. 2890 (WULFF 1909, n° 386) (visage en sens contraire).

-Athènes, musée Benaki, 18749 (attitude), 18759 (visage en sens contraire), 22153 (corbeille).

-Ismaïlia, musée des Antiquités, Is. 577 (attitude et corbeille).

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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