Tête de Bès

élément de mobilier

Égypte > Provenance inconnue

Nouvel Empire

[VOIR CHRONOLOGIE]

Bois

H. 9,8 CM ; L. 7,7  CM 

Co. 5676

Comment

State of preservation

L'œuvre est en mauvais état de conservation. Le bois a été attaqué par des insectes xylophages et l’objet est très fragmentaire. La surface était recouverte de dépôts d’enfouissement.

Description

Ce fragment d’objet en bois égyptien (cèdre, cyprès ou figuier sycomore) est à l’effigie de Bès. Le visage léonin, aux pommettes saillantes, entouré d’une crinière est grimaçant. Les sourcils broussailleux, les grands yeux, le bout du nez épaté, la lèvre supérieure charnue, la langue pendante ainsi que la longue moustache indiquent clairement qu’il s’agit de la représentation du génie protecteur du foyer. La face du dieu est sculptée sur la partie convexe, assez fortement bombée. Au revers, la partie concave est soigneusement polie. 

 

Bien que souvent considéré comme un dieu, Bès est une divinité secondaire. D’origine nubienne, ses représentations sont attestées dès le Moyen Empire. Au Nouvel Empire, il devint une divinité extrêmement populaire. Bès est un nom générique donné à toute une série de nains qui peuvent parfois être confondus avec d’autres génies tel Aha ou Hity. De forme naine, Bès possède de longs bras, un masque de type léonin, est joufflu et affublé d’épais sourcils, d’une barbe-crinière aux longues mèches détaillées et très souvent coiffé d’une couronne de plumes d’autruche retenues par un bandeau (voir par exemple la statuette en calcaire musée Rodin Co. 3385) ou fichées dans un mortier. Au Nouvel Empire, Bès arbore souvent une peau de léopard. Une des caractéristiques principales de son iconographie réside dans le fait que le génie est presque toujours représenté de face, convention inhabituelle à l’art égyptien. Le nain a une parèdre, Beset, mais on lui attribue généralement Taoueret comme épouse. (Sur les divinités Bès et Beset, voir CORTEGGIANI 2007 p. 84-87). Protecteur du foyer, Bès assure aux humains un sommeil reposant, chasse les cauchemars et est réputé garantir une vie sexuelle épanouissante. La sexualité est un aspect essentiel de sa personnalité, ce qui lui conférait de toute évidence un esprit gai et jovial, renforcé par son surpoids, signe d’abondance. Bès est également une figure particulièrement importante dans l’univers de la femme et de l’enfant. Il les protège pendant la grossesse et au moment de l’accouchement et garantit l’harmonie familiale. On doit son visage sévère, ses grimaces parfois effrayantes et ses postures guerrières à son rôle de protecteur. Bès protège les humains en éloignant les forces du mal et est ainsi généralement désigné comme étant le « Combattant », adoptant dans ce cas une posture guerrière et arborant épée et bouclier (voir la figurine en terre cuite Co. 2596). Bès est l’assistant magique de la déesse Hathor et non son égal. Bon nombre de ses représentations et effigies ont d’ailleurs été retrouvées dans les sanctuaires dédiés à la déesse. Dans le mythe de la déesse lointaine (voir INCONNU-BOCQUILLON 2001), on raconte qu’il escorta Hathor durant son retour en Egypte en lui jouant de la musique, accordant ainsi au génie un rôle supplémentaire, celui de protecteur des danseuses et des prêtresses d’Hathor. Il incarne de plus les aspects violents et défensifs de la déesse, décourageant les velléités d’attaque de ses ennemis contre ses adorateurs. Bès connaîtra une postérité féconde, jusqu’au premier siècle de notre ère.

 

Un élément identique à ce masque en bois est conservé dans les collections du musée, le Co. 5677. Les insectes xylophages ayant fortement dégradé le bois, il est difficile de déterminer avec certitude la forme initiale des Co. 5676 et Co. 5677 mais leur réalisation en bois est un indice pour comprendre leur usage d’origine. Plusieurs utilisations peuvent être évoquées. Il s’agit très probablement des éléments d’un repose-tête, comme  par exemple l’exemplaire du Musée du Louvre inventaire N° E10912.  En ce qui concerne l’usage et la symbolique des chevets et repose-têtes, voir le catalogue de l’exposition organisée par la Fondation Dapper pour les arts africains du 20 avril au 16 septembre 1989 (Christiane Falgayrettes, Supports de rêves, Paris, Editions Dapper, 1989). Néanmoins, les figures de Bès des Co. 5676 et Co. 5677 constituaient peut-être l’ornement d’un ustensile, d’une pièce d’ameublement (lit ?) ou d’une applique murale, à l’image de l’applique conservée au Metropolitan Museum of Art de New York sous le numéro d’inventaire 25.10.20.5

Sept autres objets à l’effigie de Bès sont conservés au musée Rodin (les Co. 966, Co. 2596, Co. 2736, Co. 3064, Co. 3090, Co. 3385 et le Co. 5677, pendant du Co. 5676.)

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Hôtel Biron, 55, "(a-b) Deux têtes de Bès, très fragmentaires, ayant appartenu à un meuble (bois) Hauteur  moyenne 8 cent. Estimé cent francs."

Donation Rodin à l’État français en 1916.

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