Applique de mobilier

ménade au tympanon

Égypte > provenance inconnue

[VOIR CHRONOLOGIE]

Ve -VIe siècle ap. J.-C. ?

H. 6,6 cm ; l. 5,2 cm ; P. max 0,5 cm

Os, scapula de bœuf

Co. 2080

Comment

State of preservation

Quelques manques sont observables sur cette pièce en os de couleur crème : un éclat dans l’angle supérieur dextre et une légère perte de matière dans l’angle supérieur senestre, au revers. Un certain nombre d’arrachements peuvent être imputés à la phase de façonnage de la plaquette. D’abondants dépôts bruns subsistent dans les zones les plus profondes, notamment sur le côté droit de la face principale. Au dos, et sur la tranche senestre, beaucoup de sédiments emplissent encore les trabécules.

Description

Emportée par une danse frénétique vers la droite, la jeune femme s’apprête à accomplir une volte-face. La tête qui est rejetée vers la gauche dans un mouvement peu naturel est suivie par le buste qui pivote. Cette pose tournoyante est généralement choisie sur les petites appliques en os pour traduire l’agitation qui anime les membres du cortège dionysiaque. La ménade lève un attribut à hauteur de son visage, alors que son bras gauche accompagne son pas, ou retient un pan du drapé. Bien qu’il soit matérialisé par une forme carrée comportant en son centre un enfoncement circulaire, cet attribut peut être identifié à un tambourin. Aussi cette figure de bacchante est à intégrer dans la série des tympanistriae brandissant leur instrument d’une main, désignées comme les équivalents des satyres askophoroi par A. Loverdou-Tsigarida (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, p. 170). Cette dernière a répertorié plus d’une vingtaine d’élément de placage en os répondant à ce type iconographique, qu’elle a incluses dans le groupe A des ménades tympanistriae (LOVERDOU-TSIGARIDA 2000 n° 178-192, 194-202 p. 276-278, pl. 51-56). Trois pièces du musée Rodin présentent une figure féminine adoptant la même position : Co. 2118, 2160, 2172. Les deux premières introduisant des variantes, c’est avec le relief Co. 2172 que la pièce affiche le plus de parentés sur un plan strictement iconographique. Pourtant, le traitement des jambes diffère entre ces deux appliques. Le chiton dévoile des jambes écartées au mouvement énergique que l’on retrouve sur un exemplaire conservé au début du XXe siècle au musée égyptien du Caire, aujourd’hui au musée copte (STRZYGOWSKI 1904, n° 7106 p. 189, pl. XV ; LOVERDOU-TSIGARIDA 2000, n° 194 p. 278, pl. 54).

 

Vêtue d’un fin chiton serré à la taille qui laisse apparaître l’épaule et le sein gauche, la ménade arbore un visage plein à la mâchoire carrée, vu de trois-quarts. Une chevelure sans doute relevée en chignon enserre le visage, qui accueille un nez fort, séparant des yeux indiqués par de petites incisions faites à l’aide d’un petit burin. Le vêtement dégage pleinement la jambe droite portée en avant. Les membres sont décrits de façon synthétique, tout comme le tambourin rapporté à une forme géométrique mal interprétée. La figure est encadrée par deux colonnes au fût lisse. Si celle de gauche offre un certain diamètre, celle de droite n’est que suggérée. L’inscription des personnages du défilé bacchique sous des arcades ou entre des colonnes s’avère particulièrement fréquente sur les petits éléments de placage en os. D’autres exemples peuvent être mentionnés parmi les appliques de la collection Rodin consacrées aux représentations de ménades : Co. 2059, 2218, 2199.

 

L’âpreté des formes, la stylisation extrême des volumes, résultant d’un travail rapide et nerveux de la matière osseuse invitent à rapprocher la pièce étudiée de deux appliques du musée Rodin qui offrent les mêmes caractéristiques stylistiques : Co. 2059 et Co. 2160. On relèvera également sur ces pièces une position des jambes similaire, quoique moins maladroite. L’applique du musée copte du Caire précédemment citée offre aussi une comparaison solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour parvenir à dater notre pièce. Attribuée au Ve-VIe siècle par A. Loverdou-Tsigarida, elle permet d’envisager une fabrication de notre exemplaire au cours de la même période.

 

Comparaisons :

-Le Caire, musée copte (autrefois au musée égyptien du Caire), STRZYGOWSKI 1904, n° 7106.

-Paris, musée Rodin, Co. 2118, 2172 (attitude générale, haut du buste), 2160, 2059 (drapé et orientation des jambes).

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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