Statuette

Tête d'homme

Egypte > provenance inconnue

XXVIe dynastie probablement, à postérieur

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 11,5 CM : L. 9,3 CM P. 8,2 CM

Basalte

Co. 787

Comment

State of preservation

L’œuvre est en bon état de conservation. Seule la tête est conservée, brisée au départ des épaules. De petits éclats parsèment la face, où les reliefs du nez et des lèvres ont été écrasés. Des éclats importants sont visibles à l’arrière de la perruque. Ils correspondent à des impacts de chocs violents.

 

Description

La statuette représente une tête masculine, conservée jusqu’au départ des épaules. L’homme est coiffé d’une perruque dite « en bourse » (ou « bag wig »), tirée derrière les oreilles. Ce type très particulier de perruque apparaît sous Psammétique Ier. Répandue à partir de la seconde moitié de la période saïte, elle est attestée dans la statuaire masculine jusqu’à l’époque ptolémaïque (PERDU 2012 p. 42). Elle encadre un visage aux traits marqué : l’homme ici représenté est âgé. Deux rides, profondes, entourent sa bouche. Les yeux, tirés en amande, sont petits et les orbites assez enfoncés. Les oreilles sont grandes, les lobes massifs et allongés.  Pour comparaison avec la Co. 787, trois statues de la collection de la Ny Carlsberg Glytpotek de Copenhague, de style et d’époque divers, illustrent différents stades de l’âge adulte (JØRGENSEN 2009a : notice 74 p. 183-185 (Inv. N° ÆIN 925 -homme jeune-) ; notice 75 p. 184-185 (Inv. N° ÆIN 1505 -homme d’âge mûr-) ;  notice 42 p. 125-127 (Inv. N° ÆIN 76 -homme âgé-).

 

Le visage est parsemé d’éclats et de traces d’impacts. L’arête du nez, les lèvres, le menton, les sourcils sont très abîmés, visiblement écrasés par un choc. Des cassures importantes se remarquent au bas de la perruque. Malgré ces mutilations, le fini remarquable de cette tête (réalisation et polissage en surface) se constate. Confectionnée dans un matériau noble, elle offre une image majestueuse et sévère d’un homme expérimenté.

 

 

Le style de la statuette est typique du premier millénaire av. J.-C. Cette époque vit la multiplication de statues et statuettes de particuliers, déposées dans les parties accessibles des temples. Cet usage permettait d’entretenir une relation unique avec la divinité tutélaire du sanctuaire et de partager les offrandes lui était destinées, privilège recherché (voir PERDU, 2012 p. 34-35.). Avec les statues théophores, représentant des rois et des particuliers « tenant » une image divine, la période vit s’accentuer une évolution des traditions religieuses privées, apparues au Nouvel Empire. La taille de ces effigies varie considérablement et il n’est pas rare de voir des pierres rares et nobles employées pour leur réalisation (voir PERDU, 2012, p. 35). Les particuliers peuvent être représentés accroupis, agenouillés, debout ou sous forme de statue-cube (tête émergeant d’un corps ramassé), tenant la divinité  (ou son attribut principal), dans un naos ou sous une autre forme. La majorité de ces représentations portent des inscriptions.


Sectionnée au niveau des épaules, il est impossible de déterminer la position initiale de la statuette à laquelle appartient la tête Co. 787. La perruque bourse, si particulière, ne peut malheureusement pas servir d’indice car elle se retrouve sur tout type de statue. La cassure sous le menton pourrait correspondre à la trace de la barbichette qu’arborait bien souvent le dignitaire représenté dans une statue-cube. En attendant l’éventuel raccord de cette tête avec son corps, conservé dans une autre collection, l’identité de cet homme, qui est selon toute vraisemblance un haut personnage de la XXVIème dynastie, demeure inconnue.

 

La collection égyptienne du musée Rodin possède des effigies similaires, à l’instar de la Co. 894 et de la Co. 3378.

 

La statuette Co. 787 possède des traits similaires à de nombreuses autres statues et statuettes conservées dans différentes collections, notamment :

  • La statue agenouillée d’Horoudja, conservée au Baltimore Watlers Art Museum 22.79
  • La statue agenouillée de Nakhthorheb, conservée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire A 94
  • La statue anonyme conservée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire E 4299
  • La statue de Ptah-Sokar, possédant des traits particulièrement similaires insistant sur l’âge du personnage, conservée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire N 2454
  • La statue d’Ahmès-sa-neith, conservée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire E25390+E25474
  • La statue d’Ânkhef-en-sekhmet, conservée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire E 25459
  • La statue de Psamtikseneb, conservée au Metropolitan Museum of Arts de New York sous le numéro d’inventaire 1982.318

Toutes ces statues datent de la Basse Epoque.

 

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Ancien numéro D.R.E. 65. Ancienne etiquette inscrite “13” collée sous le socle de la Maison André.

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