Applique de mobilier : satyre portant une outre de vin

Égypte > provenance inconnue

VIe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 6,58 cm ; l. 3,92 cm ; P. max 1 cm

Os, tibia de bœuf ?

Co. 2176

Comment

State of preservation

L’applique légèrement convexe est lacunaire dans sa partie dextre. L’angle supérieur droit est manquant et la cassure se poursuit jusqu’aux deux-tiers de la hauteur de la pièce. Un fendillement longitudinal se développe sur toute la pièce. On note un éclat dans l’angle inférieur senestre. Deux autres petits éclats endommageant le bord inférieur semblent avoir accentué le fendillement de la pièce en partie basse.

 

Description

La figure d’homme qui occupe tout l’espace fourni par la plaquette en os rappelle par sa posture les satyres des appliques Co. 2060 et Co. 2173. Tandis qu’il progresse vers la gauche, son torse légèrement arqué accompagne le mouvement de la tête qui regarde vers l’arrière. L’attitude tournoyante du corps, accompagnant le rejet de la tête sur l’épaule droite dans un mouvement exempt de naturel, est celle couramment adoptée par les satyres sur les appliques en os d’époque romaine et protobyzantine.

 

Cependant, la posture de notre faune diffère de celle de ses homologues qui ornent les autres éléments de placage de petite taille du musée Rodin. Si son bras droit retenait peut-être un pan de nébride, comme sur l’applique Co. 2060, le gauche est relevé au-dessus de la tête, décrivant un arc de cercle. En raison de la perte de l’angle droit de la pièce, il paraît difficile de déterminer si la figure retenait une outre gonflée de vin, à l’image de la majorité des satyres sculptés sur les éléments de placage en os. Dans la collection du musée Rodin, seul un satyre sculpté sur une applique rectangulaire de type proche, présente un bras relevé à la manière des représentations de Dionysos Lycien. L’indolence que cette posture est censée traduire s’accorde mal avec le mouvement de fente qu’esquissent énergiquement les jambes du satyre. Cette pose en appui sur la jambe gauche fléchie se distingue, combinée au bras levé, sur le relief inv. 13257 conservé au musée gréco-romain d’Alexandrie (Bonacasa-Carra 2012, p. 41, fig.7 p. 45). Le faune qui surmonte une frise d’oves sur cette pièce trouve, par ailleurs, son exacte contrepartie en l’applique inv. 1966.01.0226 du Kelsey Museum à Ann Arbor (Loverdou-Tsigarida 2000, n° 247 p. 286, pl. 66). La même position encore plus accentuée est reprise par un satyre surplombant une fois de plus une frise d’oves sur une petite applique du musée gréco-romain d’Alexandrie (inv. 13289 : Bonacasa-Carra 2000, fig. 6 p. 356), aujourd’hui exposée au musée des Antiquités de la Bibliotheca Alexandrina (inv. BAAM 0379). Les éléments de décor architectural associés au satyre sur ces trois exemplaires renvoient de toute évidence à un modèle commun. Bien que notre satyre ne soit environné d’aucun détail emprunté au vocabulaire de la sculpture décorative, son attitude atteste qu’il dérive d’une formule iconographique proche des trois faunes cités ci-dessus.

 

Doté d’un corps aux proportions très courtes, le jeune acolyte de Dionysos présente des membres à la musculature affirmée qui l’ancrent solidement dans le sol. Son visage rond cerné d’une chevelure aux mèches bouclées est abrité par l’arc formé par le bras relevé. Le nez informe, vu de profil, s’apparente à un appendice rectangulaire qui jouxte l’œil droit, signalé par une perforation circulaire. Raccordé à la tête presque sans cou, le torse est structuré par la ligne incurvée du sternum et de la linea alba. La sculpture hâtive de la silhouette, et la rareté des détails anatomiques, confèrent à l’applique un aspect stylisé très prononcé. D’une facture encore plus frustre que les appliques Co. 2060 et Co. 2173, ce placage en os semble correspondre à une production assez tardive. Par comparaison avec les pièces sculptées de satyres découvertes dans le secteur est de Kôm el-Dikka à Alexandrie dans des niveaux du Ve-VIIe siècle (Rodziewicz 1998, p. 143), et celle du Kelsey Museum datée du Ve-VIe siècle par A. Loverdou-Tsigarida (op. cit.), nous pouvons proposer une réalisation au cours du VIe siècle.

 

Comparaisons :

-Alexandrie, musée gréco-romain, inv. 13257, 13289 (inv. BAAM 0379).

-Ann Arbor, Kelsey Museum, inv. 1966.01.0226.

 

Marquage

50 ?, marqué à l’encre violette, très effacé, sur la surface interne du bord senestre.

 

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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