Material and technique

La dépression centrale visible au dos de l’élément de placage permet de reconnaître, d’après F. Poplin, un métapode de bœuf. La planéité de la pièce, son étroitesse, associées à la disposition des deux extrémités des canaux nourriciers en diagonale ascendante sur la face externe, suggèrent l’emploi précis d’une section de diaphyse de la face postérieure ou ventrale d’un métacarpe gauche de bœuf. Les jambes du personnage sont inscrites vers la partie médiale de la diaphyse moins large, alors que la tête placée devant l’outre, qui nécessite plus de place, occupe la partie proximale. La figure s’inscrit donc dans le sens inverse à la position anatomique de l’organe osseux.

 

La technique de mise en œuvre de la matière osseuse est similaire à celle adoptée pour l’applique Co. 2173. Dans un premier temps, une scie a été employée pour découper la plaquette. Des petites stries obliques se remarquent en effet sur le chant supérieur de la pièce. Le dos, ainsi que les bords sciés, ont fait l’objet lors une seconde phase,  d’une régularisation ou d’un raclage au moyen d’une lame métallique, qui a imprimé à la matière, des faisceaux parallèles de très fines stries longitudinales. Ces plages ont pour particularités de se terminer par des butées et de voisiner avec des petites cupules correspondant à des arrachements de différents diamètres. Viennent se superposer à ces stigmates, les mêmes larges faisceaux de stries obliques multidirectionnelles que ceux examinés au dos de l’applique Co. 2173. Ces traces peuvent être mises en rapport avec une opération d’abrasion de la pièce.

 

La surface externe de la pièce a été travaillée au moyen d’un outil à lame métallique qui a de nouveau engendré de petits arrachements, prenant la forme de minuscules cupules étirées, ou de plages plus étendues. Atténués par un polissage sur les parties les plus en saillie, ces stigmates demeurent lisibles surtout à l’arrière-plan de la figure. Pour pallier le manque de relief, l’artisan a choisi d’inciser fortement les contours de la silhouette, conférant ainsi aux faibles volumes davantage de présence. La rapidité de son geste, dont on trouve l’écho dans les lignes saccadées et les formes hésitantes, a conduit à faite naître une figure très stylisée.

 

Le broutage de la lame du ciseau, bien perceptible au niveau du cou, le long du buste et sur les jambes du jeune faune, atteste effectivement un travail assez heurté. En outre, la jambe droite présente une reprise ou un repentir qui laisse imaginer que son épaisseur avait été mal évaluée par l’artisan. Le mollet a été affiné et la cuisse gauche également amincie, ce qui a généré un manque au niveau du point de jonction des deux jambes. En dépit d’une certaine indécision du dessin, cette pièce révèle un style nerveux, évocateur du rythme enlevé qui anime le cortège dionysiaque.

 

Il est fort probable que ces pièces très planes étaient maintenues sur l’élément de mobilier qu’elles ornaient, soit par une substance adhésive, soient en étant simplement encastrées dans une logette de forme à peu près rectangulaire découpée dans la paroi de bois du meuble. On prendra pour exemple certains exemplaires visibles sur le coffret reconstitué du Walters Art Museum de Baltimore (7140 : RODZIEWICZ 2016, p. 67, n° 62), sur celui rentré dans les collections du British Museum en 1834 (EA90103), mais également sur les fragments mis au jour à Hawara en 1888-1889 (PETRIE 1889, p. 12, pl. XVIII), et sur ceux du musée copte du Caire (5654 : RODZIEWICZ 2016, p. 154, n° 168).

Material change

Aucune.

State of preservation

L’applique est conservée dans son intégralité. Un éclat, qui s’accompagne d’un soulèvement stable, est repérable sur l’angle supérieur dextre, ainsi qu’au coin inférieur du bord senestre.

Restoring actions

La restauration réalisée par V. Picur en 2018 a permis d’éliminer la couche de salissure sur la surface externe. Le nettoyage enzymatique pratiqué à l’aide d’un coton-tige a été suivi d’un rinçage à l'éthanol.

 

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